Cameroun: Martial, l'enfant adopté

Dans son premier roman, Martial Ateba Nomo mélange son vécu et la fiction pour s'adresser au plus grand nombre.

Il n'a pas encore quitté les bancs du collège, mais son nom déjà est légué à la postérité. A 19 ans Martial Ateba Nomo fait ses premiers pas dans la sphère des romanciers camerounais. Son roman L'adopté publié en 2013 fait de lui le plus jeune romancier d'Afrique, selon l'Harmattan.

ecrivain cam 63dfcMartail Ateba Nomo, romancier

Dans les rues imaginaires de Braquata, on expérimente la solidarité dans l'extrême misère. L'amour à l'épreuve de la maladie, et le rêve dans l'anarchie. Une vie de rue que l'auteur connait par cœur.

L'adopté, c'est donc une sorte d'autobiographie qui décrit de façon romanesque le parcours d'un jeune homme adopté. Un jeune qui n'a connu sa véritable histoire qu'au décès de ses deux parents. Une révélation qui le fera plongera dans l'univers de la rue. Il souffrira de troubles psychologiques.

« Braquata représente la rue. C'est mon vécu et mon milieu qui m'ont poussé à écrire ce livre » explique l'auteur.

L'adopté, traite également des problèmes socioculturels des enfants adoptés dans un pays où cette réalité n'est pas encore véritablement acceptée par tous.

Le retour fatal : le rejet de sa famille

Dans son roman, Martial Ateba Nomo raconte les tourments d'un enfant qui se sent incompris et qui va à la recherche d'un El Dorado.

« Daniel n'avait pas prévu que dans la rue, c'était la jungle. Et qu'il aurait du mal à s'intégrer de nouveau chez lui » expliquait l'auteur lors de la présentation de son ouvrage à la presse.

En effet après trois ans passés dans la rue, Daniel découvre que rien n'est mieux que ce foyer tout douillet qu'il a laissé derrière lui. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est la froideur d'un retour en famille pas vraiment désiré.

Méfiant, sa famille hésite à lui rouvrir son cœur. Si ses parents l'avaient choisi, ses sœurs, elles, ne pouvaient supporter le choc d'une fugue et l'annonce de l'adoption. Elles n'avaient rien demandé et voulait aussi de la reconnaissance et non des jérémiades. C'est le début des disputes meurtrières, et finalement le relâchement.