Les Banques centrales du Comesa déterminées à relever le défi de libre-échange

Pendant quatre jours, les gouverneurs des Banques centrales du COMESA ont travaillé sur la possibilité de la mise en place effective d’une zone de libre-échange au sein de cette institution régionale

Du 24 au 27 novembre 2014, les gouverneurs des Banques centrales et experts des pays membres du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), se sont réunis à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où ils ont discuté des questions financières et monétaires dans le COMESA. Notamment, la matérialisation effective de la zone de libre-échange au sein du Comesa, après avoir identifié les obstacles y afférents.
 
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Le gouverneur de la Banque Centrale du Congo et président en exercice du Comesa, Deogracias Mutombo.
 
Les discutions ont aussi tourné sur l'évaluation de la convergence des agrégats macroéconomiques qui permettent d'homogénéiser les économies des pays membres, une condition sine qua non, pour assurer la pérennité du regroupement.
Sur ce point, les participants ont noté avec satisfaction, une évolution positive sur les critères de convergence pour l'année 2013. Seulement, plusieurs pays membres dont la RDC, ont encore beaucoup d'efforts à fournir. C'est ainsi que les participants ont décidé de connecter toutes les Banques centrales du Comesa au système régional de paiement et de règlement (REPSS).
C'est un système qui offre plusieurs avantages et de facilités, pour les opérateurs économiques qui font des transactions intra-Comesa. C'est le cas de la lettre de crédit qui ne requiert pas la confirmation. L'opérateur économique ne passe plus par des banques internationales. L'objectif final étant de créer la zone monétaire.
 
« Nous y arriverons »
 
« Nous y arriverons un jour, avec la convergence des agrégats macroéconomiques. Nous espérons que toutes les banques membres du Comesa apporteront leurs contributions pour l'atteinte de ces objectifs », a rassuré Deogracias Mutombo, président en exercice du Comité et gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC). Se voulant très optimiste à ce sujet, il a indiqué que « lorsque les membres se retrouveront l'année prochaine, ils constateront de nombreuses réalisations ».
En outre, les critères de convergence adoptés au sein du Comesa, visent à renforcer l'homogénéité et la stabilité des principaux indicateurs macroéconomiques des pays membres avant leur adhésion au projet de l'union monétaire, tel que soutenu par les participants et comparativement à la zone euro.
Selon un expert de la BCC, « les principaux instruments de politique monétaire mis en commun dans une union monétaire doivent se subdiviser dans la phase précédant l'union monétaire. La convergence des taux d'inflation et des politique budgétaires devenant ainsi indispensables afin de pouvoir mener une politique efficace au niveau régional ».
 
La politique monétaire du Comesa visant principalement, le maintien de stabilité du niveau des prix, il est donc nécessaire que les Banques centrales soient indépendantes des pouvoirs politiques. De l'avis des experts, cette indépendance procure plus de marge de manœuvre dans la conception et l'orientation de leurs instruments. Mais aussi, elles éliminent la dominance budgétaire, laquelle réduit l'efficacité de leurs politiques monétaires.
 
La solution à la dédollarisation
 
Dans le cadre d'un regroupement régional, avec une seule banque centrale et une même politique monétaire, la stabilité du cadre macroéconomique sera garantie du fait qu'aucun pays ne pourra, de façon isolée, influencer cette banque centrale commune. Cela étant, l'efficacité de la politique monétaire sera accrue et son indépendance garantie.
 
Par ailleurs, la dédollarisation de l'économie trouvera également la solution au moyen d'une banque centrale unique et une politique monétaire commune reposant sur une monnaie unique.
Les participants ont, en outre, reconnu que ce marché commun comporte quelques défis à relever. En l'occurrence, les coûts élevés de production, l'insuffisance de développement technologique, les contraintes liées à l'approvisionnement, le développement infrastructurel médiocre, la faiblesse des investissements extérieurs directs...
 
L'adhésion de tous les Etas membres à la zone de libre-échange et à l'union douanière du Comesa, la finalisation du cadre régional sur les commerces de services, la mise en œuvre effective du système régional de paiements et de règlements par tous les Etats membres, sont là, autant des défis qui nécessitent l'urgence d'une réponse par le Comité des gouverneurs des Banques centrales du Comesa.