Crise du carburant au Burundi

Plus que les autres villes du pays, Bujumbura est la plus touchée par la pénurie de carburant. Des activités entières sont paralysées.

Le manque de produits pétroliers s'observe depuis plus de trois mois. Aujourd'hui, il est très difficile pour les citadins de se déplacer. Le soir, des files d'attente se forment. Les gens font la queue sur les parkings, certains rentrent à pied. Cela a une incidence sur les heures de service le lendemain. On arrive plus tard aau bureau.

brd penurie carburant 2 3dd5c

Sur plus d'une vingtaine de stations-services dans la ville de Bujumbura, certaines ne distribuent que du gasoil alors que la plupart des véhicules de transport en commun ou privés roulent à l'essence. De l'or noir introuvable si ce n'est que sur des bons ou sur la base d'affinités.

Nizigiyimana J. Bosco, propriétaire de véhicule rencontré au niveau de Kinindo city oil dans la commune urbaine de Muha, au sud de Bujumbura, désorienté dit ne pas comprendre comment les produits manquent jusqu'au point de passer deux jours à attendre, en vain, le carburant.

Plus loin, Emmanuel est venu de la province Cibitoke à 50 km de Bujumbura. Il vient de passer deux jours à la recherche d'essence. « Avant, je m'approvisionnais en carburant à partir de la République démocratique du Congo, dit –il, mais aujourd'hui, aucun litre ne franchit la frontière. »

Conférence de presse

Les conséquences sont nombreuses. A Bujumbura, comme à l'intérieur du pays, le prix du ticket de transport a été revu à la hausse par les chauffeurs. Grogne des passagers qui demandent au gouvernement de réguler le secteur pétroliers. Le prix de transport entraine également la hausse des prix des produits, pour le malheur du consommateur.

Il y a trois semaines, le directeur carburant au ministère burundais de l'Energie et Mines expliquait dans une conférence de presse, que la pénurie de carburant était causée par les pannes des machines de l'office burundais des recettes, OBR. « La réponse a été la même une semaine plus tard, argument non fondé, » dit Ange-Dany Gakunzi, porte-parole de l'office.

Un problème de devises

La justification du ministère en charge du carburant n'est pas convaincante, selon le président de l'Observatoire burundais de lutte contre la corruption et les malversations économiques, OLUCOME. Gabriel Rufyiri estime que le secteur pétrolier au Burundi est gangrené par la corruption. A titre d'exemple, il parle des devises délivrées par la banque centrale de façon disproportionnée. La société inter-pétrole, selon lui, a le monopole d'importation et de commercialisation des produits pétroliers. Il reçoit par conséquent la quasi–totalité du peu de dollars sortis par la banque des banques. Une autre partie est mise sur le marché noir.
Lors des questions orales des parlementaires à l' endroit du ministre en charge du carburant en début de la semaine dernière, Côme Manirakiza a officiellement reconnu qu'il y a un problème de devises, alors qu'il avait toujours nié ce fait. Le ministre Manirakiza a, en outre, annoncé que les importateurs des produits pétroliers sont passés de 8 à 2.

Une solution magique !

Désormais, la distribution des produits pétroliers se fera de 7h (5h TU) jusqu' à 18h (16 h TU). Telle est l'une des mesures que le directeur carburant a fournie dans l'après-midi mercredi, dans un point de presse. Au cas contraire, la station-service s'expose à des sanctions notamment la saisie du produit, la fermeture de sa station ou l'amende administrative.

Des registres renseignant avec exactitude sur les indexes de départ et de clôture de la journée. Les gérants des stations doivent afficher l'écriteau « en service ou fermé ». Les services publics sont priés de veiller au strict respect de la mesure. Lors de ce point de presse, il n'a répondu à aucune question.