Nigeria : participation à l'accord de libre-échange en attente

L'un des plus grands syndicats du pays, le Nigeria Labour Congress (NLC), a demandé à être davantage impliqué dans les négociations.

Le président nigérian a annoncé dimanche dans un communiqué qu'il ne se rendrait pas à Kigali, au Rwanda, où est prévu cette semaine un Sommet extraordinaire de l'Union Africaine pour signer le traité sur la Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Muhammadu Buhari, qui devait se rendre à Kigali, a créé la surprise en annulant son déplacement, où il devait signer le traité de libre-échange, et assister à l'inauguration du Sommet du 21 mars 2018. "M. le président ne voyagera plus vers Kigali pour cet évènement parce que certains actionnaires nigérians ont fait savoir qu'ils n'ont pas été consultés", selon un communiqué de la présidence publié dimanche. "Ils ont quelques réticences quant aux conditions de ce traité". "La décision de M. le président veut permettre de donner plus de temps aux consultations", a précisé le texte.
 
Zone dEchanges 24139
 
L'un des plus grands syndicats du pays, le Nigeria Labour Congress (NLC), a fait état de ses craintes quant à une ouverture du marché dans le pays et a demandé à être davantage impliqué dans les négociations. "Nous sommes choqués par le manque de consultation dans ce processus", a déclaré cette semaine Ayuba Wabba, secrétaire général du NLC. "Nous demandons à M. le président de ne pas signer le traité à Kigali, ni nulle part ailleurs", avait-il ajouté. Ce traité vise à intégrer les 54 pays africains dans une zone de libre-échanges commerciaux, et doit regrouper à terme les zones régionales commerciales (Communauté de développement de l'Afrique australe -SADC-, Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest -CEDEAO-,...).
 
Le retrait, au dernier moment, du Nigeria est un coup dur pour l'UA qui veut mettre en place ce projet économique discuté depuis 2012. Avec une population de quelque 190 million d'habitants, le Nigeria est un marché gigantesque. Premier producteur de brut sur le continent, le Nigeria était encore première économie en Afrique avant la chute du prix du baril en 2016. Pour sortir de la récession, le président Buhari a adopté une politique économique ultra-protectionniste, et a établi une liste très large de produits interdits à l'importation pour tenter d'encourager la production.