ECAir et Sabena Aerospace scellent leur union à Paris

La signature de cet accord, marque une étape importante dans le cadre du développement du secteur aérien en République du Congo mais aussi dans l'ensemble de l'Afrique centrale.

C'est dans un hôtel du 8e arrondissement de Paris que Fatima Beyina-Moussa, directrice générale d'ECAir (Equatorial Congo Airlines), et Stéphane Burton, directeur général de Sabena Aerospace, ont paraphé l'accord visant la création d'une joint-venture. Celle-ci vise non seulement à amener sur le continent africain les plus hauts standards de qualité en maintenance aéronautique mais aussi de transférer les connaissances pour le développement d'une expertise locale à travers la formation des techniciens congolais.

ECAIR 6627fFatima Beyian-Moussa, dg d'ECAir et Stéphane Burton, dg de Sabena Aerospace

 Dotée d'un capital de 100 millions de FCFA, cette joint-venture est détenue à parts égales par les deux compagnies et devrait rapidement être opérationnelle. Le premier exercice, phase de lancement qui pourrait débuter en septembre prochain, s'étalera sur seize mois et le second sur douze. Elle devrait être bénéficiaire à partir de ce second exercice, soit en 2017.

''Cette signature marque une étape importante dans le cadre du développement du secteur aérien en République du Congo mais aussi dans l'ensemble de l'Afrique centrale. Nous sommes persuadés que ce partenariat avec Sabena Aerospace est indispensable pour passer à la vitesse supérieure'' souligne Fatima Bayina-Moussa. En effet, grâce à cette joint-venture, toute compagnie aérienne locale ou internationale en transit, aura désormais à portée de main les meilleurs standards de maintenance, conformes aux normes de certification internationale (normes EASA). 'Nous avons déjà une expertise en Afrique mais nous avions besoin de trouver un partenaire qui accompagne notre volonté, de nous aider dans le transfert des connaissances, dans la formation locale mais aussi nous aider dans le développement d'un centre de maintenance au niveau de l'Afrique centrale '' ajoute Stéphane Burton.

Cette volonté se concrétisera par l'établissement d'un atelier de réparation de proximité et une station de line maintenance avec la construction, en 24 mois, d'un hangar neuf à l'aéroport Maya-Maya de Brazzaville qui sera capable d'accueillir tous types d'avions y compris le B737. A long terme, l'objectif étant de ramener dans ce hangar des activités venant d'autres endroits de la sous-région. Ce qui facilitera également l'expansion de cet aéroport en tant que hub régional en complétant son offre de services pour les compagnies aériennes internationales.

sabena ed463Poignée de main entre Fatima BEYINA-MOUSSA et Stéphane BURTON

Le Congo a investi beaucoup d'argent dans la modernisation de ses infrastructures aéroportuaires ; en l'espace d'une décennie, huit aéroports ont été réhabilités et construits. Augmentant ainsi les besoins en termes d'expertise dans les domaines aussi variés que l'ingénierie, la maintenance, l'informatique, la sécurité, la surveillance, l'organisation, l'accueil des passagers ou la logistique. D'où la nécessité de conclure des partenariats de ce type qui accorde une place importante à la formation. Cette dernière étant une priorité pour ECAir depuis sa création en 2011.

La société belge, spécialisée dans la maintenance aéronautique, se propose de développer une expertise locale via la formation et le recrutement des techniciens locaux. En parallèle de leur formation théorique développée en partenariat entre les écoles locales et le centre de formation de Sabena Aerospace, ces techniciens locaux seront formés sur le terrain au sein des équipes de la nouvelle structure.
 
Chemin
 
Ce programme devrait commencer courant 2016. ''On aimerait débuter rapidement avec 4 ou 5 congolais qu'on va prendre dans nos ateliers mais avec un programme mixte avec une école locale. L'ambition est d'offrir aux techniciens congolais tout le bagage nécessaire afin de faire des experts dans les métiers de l'aviation'' explique le Directeur Général de Sabena Aerospace.

''Le deal entre nous, c'était d'avoir des gens très professionnels qui ont toutes les compétences, agrées EASA notamment, mais des personnes qui comprennent la nécessité de faire le transfert de connaissances. C'est extrêmement important quand on veut bâtir un centre de compétence comme celui que l'on veut faire à l'aéroport de Brazzaville'' ajoute la directrice générale d'ECAir.
 
Le choix de Sabena Aerospace paraît donc logique au regard de la question de la langue et de l'expertise européenne de la société belge. C'est un accord entre deux structures de taille comparable. ''ECAir est plus grand que nous en nombre de personnes mais, en termes de taille, nous sommes comparables. Cela donne un bon équilibre et le bon équilibre est un facteur de réussite. Notre succès la bas fera le succès d'ECAir'' souligne à nouveau l'homme d'affaires belge.

Cette joint-venture s'inscrit également dans le processus de développement de la compagnie aérienne congolaise, qui était à la recherche de partenariats solides. En trois ans et demi d'existence, elle a considérablement évoluée et elle ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. En 2014, ECAir a transporté près de 400.000 passagers sur trois continents et sa flotte de sept avions va s'agrandir, dans les prochains, avec l'acquisition de deux nouveaux Dreamliner de Boieng, le B787.