Gabon : le groupe Veolia dans l'impasse

Malgré une augmentation de 200% du nombre de client desservie en eau et électricité en 20 ans, l'Etat ne veut plus entendre parler du groupe SEEG.

Des faiblesses dans l'offre de service.
La Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) filiale du groupe français Veolia sommée de cesser son activité de base dans la distribution d'eau et d'électricité au Gabon. Cette soudaine nouvelle surprend un certain nombre d'usagers des services de l'entreprise au Gabon. Il y a quelques jours, ces derniers, regroupés au sein de l'organisation gabonaise des consommateurs contestaient l'offre de service de l'entreprise par la tenue d'un sit-in devant son siège. L'organisation demandait le départ du groupe Veolia, maison mère de la SEEG. L'on pourrait croire que la contestation a eu raison de Veolia. La nouvelle émanant du ministère de l'eau et de l'énergie fait état d'une incapacité de l'entreprise à offrir un service de qualité, le non suivi d'effets escomptés des efforts financiers consentis par l'Etat et les plaintes récurrentes des populations. Au-delà de ces motifs, fait remarquer la note du ministère, « il convient également de noter l'échec des négociations entre les deux parties prévues par l'avenant n°8 portant sur la prorogation pour une durée de cinq de la Convention de concession. »
 
SEEG gabon 93b2c
 
Réquisition et regret
Conséquence de cette fin de Convention de concession, les locaux de l'entreprise ont été réquisitionnés à titre exceptionnelle. Pour l'Etat, cette mesure vise à préserver la continuité et la qualité du service public de l'eau potable et de l'énergie. « Durant cette période transitoire, un organe ad hoc aura pour mission de gérer l'entreprise, de mener les audits et autres études nécessaires au développement du secteur dans un nouveau mode de gestion et finaliser la rupture contractuelle dans les règles de l'art avec le groupe Veolia », annonce le même communiqué. Cette annonce garantie également la stabilité des emplois et des contrats de prestation en cours. De son côté, l'entreprise regrette cette « décision soudaine » prise par le ministère de l'eau et de l'énergie du Gabon de rompre la convention de concession. L'entreprise met également en avant, « l'usage brutal des forces de l'ordre gabonaise » lors de la réquisition de l'entreprise et appelle au respect du droit conformément aux clauses de son contrat avec le Gabon.
 
Un monopole mitigé au Gabon
Les années 1997 et 2012 marquent des efforts considérables dans l'accroissement de la capacité de production d'eau et d'électricité au Gabon. L'entreprise a atteint un taux de desserte de 89,3% en électricité contre 92,2% en eau et les statistiques de nouveaux clients montrent une multiplication par plus de trois de ces derniers soit, 94 000 à 295 000 pour le seul segment de l'eau. Entre 1997 et 2016, environ 361 milliards de francs CFA ont été injecté pour le développement de ces deux segments d'activités. Mais le parcours de cette entreprise qui « fait polémique » n'est pas aussi reluisant que le montre les chiffres. En dépit de ceux-ci l'offre de service de la SEEG est constamment critiquée. Des jours après la prolongation de la convention de concession, les responsables de la SEEG avaient promis de fournir encore d'efforts pour améliorer la qualité de services dans le futur. A mis parcours de cette nouvelle échéance, il semble que l'Etat semble agacé de la qualité de la desserte de l'entreprise.