Togo: l'opposition dans la rue, le pouvoir aussi

A l'approche des échéances électorales de 2015, les acteurs politiques se mobilisent. Deux marches parallèles –pouvoir et opposition - ont donné le ton.

Deux marches, deux objectifs différents dans les rues de Lomé vendredi. Militants et sympathisants du parti Union pour la République (UNIR) étaient descendus dans les rues de Lomé pour exiger le respect des institutions. Plus d'une dizaine d'associations ont appelé leur base à se joindre à la marche de Unir.

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Parmi les associations, la Nouvelle Jeunesse pour le Soutien du Président Faure (NJSPF) et la majorité silencieuse réunie au sein du Mouvement des Jeunes pour la Popularisation de la bonne Gouvernance (MJPG), les deux plus grandes associations qui couvrent toute l'étendue du territoire togolais.

Pour ces associations, il n'est plus question de laisser la rue libre aux opposants. "Personne n'a le monopole de la rue", déclaraient, les responsables des différentes associations.

Dénommée Grande marche du Peuple togolais pour la souveraineté des Institutions de la 4e République, elle a drainé des milliers de personnes dans les rues.

Habillés pour la plupart en t-shirt blanc à l'effigie de leur parti, les militants et sympathisants ont battu le pavé à travers quelques artères principales avant de s'arrêter à la plage de Lomé. Un grand meeting a été organisé pour informer les manifestants de la situation socio politique.

Deux importants messages ont été délivrés aux manifestants du pouvoir. Le premier vient de Noël De Poukn de NJSPF et le second de Lawson De Souza Raymonde, de la Convention des Femmes pour Unir (CFU).

Face à la foule, De Poukn a vanté les qualités et les mérites du président Faure Gnassingbé ces dernières années: main tendue à l'opposition, ouverture de dialogue, politique des grands travaux entamé en faveur des populations, poursuite des réformes, mise en place de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) etc.

"Jaloux du pouvoir pour le pouvoir, les opposants veulent remettre en cause les efforts du président et de son gouvernement à travers la rue. Si non, comment comprendre que les soi-disant opposants aient attendus la veille des échéances pour exiger les réformes?", a déclaré M. De Poukn. Un appel avait été lancé par ce dernier aux militants à sortir massivement pour s'inscrire sur la liste électorale le moment venu.

De Poukn et Lawson De Souza Raymonde ont donné rendez-vous aux militants pour le 28 novembre prochain pour une nouvelle marche. Alors que quelques associations de la société civile avaient déjà annoncés une marche sur la même date pour exiger les réformes avant les élections.

Manifestation du CAP dispersée

Depuis l'annonce de leur manifestation, les partis réunis au sein du Combat pour l'Alternance 2015 avaient choisi comme point de chute, le siège du parlement togolais. Mais, après deux récentes rencontres entre le ministre de l'Administration territoriale et des collectivités locales, le ministre de la Sécurité et de la protection civile, les discussions butaient sur le point de chute.

Les autorités avaient prpoposé aux opposants de choisir un autre itinéraire. Ces derniers ont refusé. Le gouvernement qui dit prendre ses responsabilités, avaient au terme d'un conseil des ministres tenu le 20 novembre, donné des itinéraires aux deux marches. Mais CAP 2015 persiste et signe. Palais des Congrès ou rien.

Jeudi, un communiqué du gouvernement interdisait l'accès à tout manifestant au Palais des congrès

La marche du CAP 2015 n'est pas allée à son terme. Bien qu'ayant débuté normalement, les manifestants seront face à un impressionnant dispositif qui interdit tout accès au point de chute. Situation qui n'a pas plu aux manifestants de l'opposition. Ceux-ci ont voulu forcer la barrière sécuritaire, en vain.

Les manifestants ont été dispersés à coups d'eau, de gaz lacrymogènes et de matraques à quelques mètres du siège du parlement. Les manifestants ont répliqué avec jets de pierres contre les gaz lacrymogènes. On dénombre de blessés des deux côtés (forces de l'ordre et manifestants.)

Ce samedi, le président Faure Gnassingbé rencontrera à la nouvelle Présidence Jean-Pierre Fabre, candidat désigné par le CAP 2015 pour l'élection présidentielle de 2015.

Le Togo organisera les présidentielles probablement en mars 2015. A ce jour, quelques personnalités ont déjà annoncé leur candidature. Il s'agit d'Alberto Olympio du parti des Togolais (opposition), de Kofi Yamgnane "Sursaut-Togo), de deux pasteurs, David Ada et Pépé Dotsè.