CONGO BRAZZAVILLE : 24 ANS APRÈS LA CONFÉRENCE NATIONALE SOUVERAINE !

La République du Congo a célébré la journée de la réconciliation nationale, mercredi 10 juin. Une journée du reste décrétée fériée sur l'ensemble du territoire national.

Les festivités marquant cette journée ont eu lieu dans la ville de Ouesso, chef-lieu du département de la Sangha, à l'extrême nord du Congo, sous le patronage du ministre d'État, directeur de cabinet du chef de l'État, Firmin Ayessa. Le choix de la localité de Ouesso n'est pas fortuit. La capitale congolaise du cacao abritera du 13 au 15 août 2015 les festivités tournantes de la fête nationale couplée à la municipalisation accélérée, en présence du président de la République, des corps constituée nationaux et du corps diplomatique accrédité au Congo.
 
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Au Congo, la journée de la réconciliation nationale rappelle la date du 10 juin 1991 qui marqua la fin des travaux de la Conférence nationale souveraine (CNS). Une fin ponctuée par la cérémonie de lavement des mains des principaux acteurs politiques du pays sur l'esplanade du Palais des Congrès : Denis Sassou Nguesso Nguesso, président de la République ; André Milongo, premier ministre, chef du gouvernement, chef suprême des armées, président du conseil des ministres ; Mgr Ernest Kombo, président du Conseil supérieur de la République (CSR), parlement de transition.

La conférence nationale souveraine, faut-il le rappeler, donna un coup d'arrêt au règne sans partage, 28 ans durant, du régime monopartite, et consacra le retour au pluralisme démocratique. 24 ans après cet événement de haute portée politique, la classe politique congolaise et les acteurs de la société civile réunis à Ouesso, mercredi dernier, ont revisité l'histoire politique congolaise.

Parmi les hommes politiques présents à Ouesso on peut citer, notamment, Jean-Michel Bokamba Yamgouma, ancien secrétaire général de la Confédération syndicale congolaise (CSC) qui contribua à la chute du régime-PCT (Parti congolaise du travail) de l'époque pré-conférence nationale souveraine. Aujourd'hui, l'ancien syndicaliste anime une coalition des partis politiques se réclamant du centre. Du coté de la société civile, on a noté, particulièrement, la présence de El Hadj Jibril Bopaka, président des opérateurs économiques congolais et chef de la religion musulmane au Congo.

En termes d'acquis, les participants à la journée de Ouesso ont reconnu de façon unanime le caractère irréversible de la démocratie pluralisme en République du Congo, même si le pays n'est pas encore enraciné dans la démocratie. Énumérant les facteurs qui freinent l'épanouissement de la jeune démocratie congolaise, les acteurs politiques et de la société civile ont évoqué le repli identitaire, le favoritisme, l'injustice, l'impunité, la haine, la vengeance, la course au pouvoir.
 
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Comme conséquences, ils mis à l'index le fait qu'en dépit de la cérémonie de lavement des mains organisée le 10 juin 1991, le Congo s'est retrouvé au fond de l'abîme, avec, au bout du compte, trois guerres civiles meurtrières : en 1993-1994 entre les partisans du président de la République de l'époque et président de l'UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale) Pascal Lissouba et ceux du leader de l'opposition et patron du MCDDI (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral), Bernard Kolélas ; en 1997 entre les forces fidèles au président Pascal Lissouba et celles conduites par l'opposant Denis Sassou Nguesso, leader du PCT ; en 1998-1999 entre les milices acquises au pouvoir de Denis Sassou Nguesso contre les rebelles du pasteur Ntoumi. Parmi les avancées, les participants à la journée de Ouesso ont indiqué la capacité des Congolais à résoudre leurs problèmes ou conflits eux-mêmes, sans l'intervention de la communauté internationale ou d'une force extérieure. Le dialogue national sans exclusive organisé à Brazzaville en 2001 en présence de feu
président Omar Bongo Ondimba en est la preuve.

Concernant le débat autour du maintien, de la révision ou du changement de la Constitution, les participants à la journée de Ouesso ont recommandé le dialogue permanent et condamné la radicalisme, en vue de parvenir à une solution consensuelle.

Rappelons que des trois principaux responsables politiques élus pour diriger la période de transition post conférence nationale, en 1991, seul Denis Sassou Nguesso est encore vivant et au pouvoir. André Milongo, président de l'UDR-Mwinda, et Mgr Ernest Kombo, évêque d'Owando, ayant déjà rendu l'âme.