Congo: convocation d'un dialogue national

Lors de son message à la Nation, Denis Sassou Nguesso a convoqué un dialogue national. Il se déroulera du 11 au 15 juillet. L'opposition n'est pas d'accord.

La convocation d'un dialogue natioanl fait suite aux consultations initiées par Denis Sassou Nguesso, avec les forces vives de la Nation. « Pendant dix jours, du matin au soir, j'ai eu le privilège d'entendre, d'écouter attentivement quatre cent Congolaises et Congolais de couches différentes et de conditions diverses... », a indiqué le président congolais qui a loué la franchise et la sincérité ayant caractérisé ces échanges interactifs.

cg sassou 907eeDenis Sassou Nguesso

Tirant quelques conclusions de ces consultations, il a déclaré : « outre les préoccupations quotidiennes et permanentes, ayant trait notamment aux problèmes économiques et sociaux, aux questions spécifiques des jeunes, des femmes, des personnes vivant avec handicap et des travailleurs, nos échanges ont été focalisés sur deux sujets qui alimentent, ces derniers temps, le débat national. Il s'agit de la gouvernance électorale et de l'avenir des institutions. »

Denis Sassou Nguesso, a précisé que tous les participants aux consultations se sont prononcés sur ces deux questions majeures.

Des opinions diverses se sont manifestées, tantôt concordantes, tantôt antinomiques, mais toujours utiles, a fait savoir le chef de l'Etat. « Au-delà des nuances et des divergences, l'unanimité s'est formée autour de l'urgente nécessité d'aller à un dialogue national sans exclusive, sans préalable, sans a priori, afin que, dans la confiance et la sérénité, se dégage un indispensable consensus sur les questions à l'origine de profonds désaccords au sein de l'opinion nationale », a insisté le président Denis Sassou Nguesso pour qui toutes les délégations lui ont demandé de créer les conditions nécessaires à l'organisation du dialogue dans la paix et la concorde.

Questions

Ayant accepté de donner une suite favorable à « cet appel de la raison » (sic), le président de la République a décidé de mettre en place une commission préparatoire au dialogue au sein de laquelle il y aura un comité d'experts chargé d'apporter des éléments de réponses techniques aux questions suivantes : « Comment devrait-on organiser au mieux les scrutins à venir en République du Congo ? Fait-on oui ou non, évoluer les institutions de la République ? Si c'est oui, dans quel sens souhaite-t-on les faire évoluer ? Et si c'est non, pourquoi ? »

Selon le président de la République, tous les éléments de réponse seront mis à la disposition des participants au dialogue qui aura lieu du 11 au 15 juillet. Un acte réglementaire en déterminera les modalités d'organisation. Ce dialogue « traitera des principales préoccupations mises en exergue par les uns et les autres et ici résumées en ces deux questions », a conclu le chef de l'Etat congolais.

Divertissement

Réagissant au message à la Nation du président de la République, l'ancien ministre Mathias Dzon, président de l'UPRN (Union patriotique pour le renouveau national) a déclaré que le calendrier fixé n'est pas raisonnable, arguant que cinq jours ne peuvent pas suffire pour diagnostiquer le mal et trouver une thérapeutique à la crise multidimensionnelle dont souffre le Congo.

Au sujet de l'ordre du jour, Mathias Dzon a estimé que seul le point relatif à la gouvernance électorale doit y figurer. Qualifiant le message du président Denis Sassou Nguesso de divertissement, il a appelé les démocrates congolais à se mobiliser, afin de protéger la Constitution du pays et d'empêcher un quelconque tripatouillage, pouvant permettre à l'actuel chef de l'Etat de se maintenir au pouvoir.

Quant à Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), principal parti de l'opposition, qui a animé une conférence de presse à Brazzaville, en matinée, avant le message à la Nation du président de la République, la position de l'UPADS est celle du maintien de l'ordre constitutionnel en usant des moyens légaux qu'offre la Constitution actuelle.

Suspensions

S'agissant du référendum, le premier secrétaire de l'UPADS a évoqué l'idée d'un éventuel recours à la cour constitutionnelle. « Le président de la République doit avoir l'avis de conformité du conseil constitutionnel. S'il ne le demande pas, nous le demanderons d'abord pour nous assurer de la position de la cour constitutionnelle parce que le référendum est bien encadré dans l'article 86 de la Constitution. C'est là que nous verrons s'il y a une cour constitutionnelle impartiale, qui dit le droit », a-t-il expliqué.


Rappelons que les partis de l'opposition dite radicale réunis au sein de la plate-forme politique dénommée Front pour le respect de l'ordre constitutionnel avaient jugé inutile les consultations initiées le 20 mai dernier par le président de la République avec les forces vives de la Nation.

D'ailleurs, les membres de l'opposition ayant effectué le déplacement du Palais du Peuple, sans l'avis de leurs hiérarchies, ont été suspendus. Il s'agit du sénateur Ange Edouard Poungui, du député Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou et de l'ancien ministre Clément Mouamba, tous cadres de l'UPADS.