Léon Juste Ibombo : « Les opposants congolais veulent tout et son contraire ! »

Le porte-parole du Mouvement national pour la nouvelle République plaide pour une évolution des institutions et fustige les adversaires de Sassou N'Guesso.

Votre plate-forme milite pour une nouvelle République, en quoi ce cela est important pour le Congo ?

La nouvelle République est importante pour notre pays, parce que les valeurs de la République de 1958 ne correspondent plus aux valeurs prônées actuellement par l'ensemble de la majorité congolaise qui est essentiellement jeune. Nous devons faire prévaloir plus les valeurs de la solidarité et de partage qui sont d'essence bantoue. Mais aussi parce que l'on ne peut viser l'émergence sans réformer nos institutions. Nous sommes donc pour l'avènement d'une nouvelle cité.
 
Congo Ibombo Fotor c5394

Passer à une nouvelle République, c'est changer de constitution. Selon l'opposition, la manœuvre permettrait au président Denis Sassou N'guesso de se représenter en 2016 Il ne faut pas réduire la question de l'évolution de nos institutions à la personne du président Denis Sassou Nguesso, mais plutôt par rapport à l'ambition que nous portons. Celle de bâtir une société dynamique et décomplexée. Donc l'évolution qui, d'ailleurs, a été soutenue par l'ensemble des candidats dits de l'opposition à l'élection présidentielle de 2009, est de nos jours plus que nécessaire. Certains leaders politiques pensent que la constitution peut être changée après 2016 mais pas avant.
Ce raisonnement, celui d'attendre 2016 pour réformer nos institutions est erroné, parce que les Congolais n'attendront pas 2016, pour leur mieux vivre. Non ! Gouverner c'est prévoir. Je pense qu'avec les moyens que nous avons il est indispensable de réformer en profondeur nos institutions maintenant pour plus d'efficience dans l'action publique.

Votre plate-forme vient de participer au dialogue national boycotté par l'opposition. Vous comprenez l'attitude des opposants ?
 
Les opposants congolais veulent tout et son contraire. On se perd en conjectures. Après avoir longtemps réclamé un dialogue avec le pouvoir, ils ont boycotté les consultations présidentielles et le dialogue inclusif de Sibiti, arguant entre autres que Sibiti était éloignée de Brazzaville. Encore une occasion ratée pour cette opposition de rencontrer la République

Pourtant l'opposition parle d'une simple convention des partisans du « Non »
 
Kignoumbi Kiamboungou qui était second à la présidentielle de 2009 et Nick Fylla troisième étaient à Sibiti. Ma foi, ils ont plus de légitimité que ceux qui prétendent représenter la majorité des Congolais alors que leurs partis politiques ne sont même pas représentés dans toute la République. Ils ont tout simplement raté là encore un rendez-vous avec l'histoire du Congo qui s'écrit.
Les changements de constitution avant la fin des mandats des présidents occasionnent souvent des soulèvements populaires et des contestations.
 
C'est le cas du Burundi et du Burkina. Le Congo est-il à l'abri de ces problèmes ?

Le peuple congolais est assez mûr pour connaître ses aspirations profondes, tout simplement parce que nous venons de très loin ; avec la bêtise humaine dont tous les stigmates ne sont pas encore cicatrisés. N'oublions pas que les consultations présidentielles, tout comme le dialogue inclusif ont eu pour but de se retrouver pour trouver ensemble les solutions concernant ce qui divise la classe politique congolaise. Toutefois, le dernier mot en démocratie, où c'est la loi de la majorité qui prime, reviendra toujours au peuple, comme récemment en Grèce avec la question de sa dette.