Brice Nzamba prône la désobeissance civile contre le régime de Sassou.

Opposé au changement de la constitution congolaise, Brice Nzamba joint sa voix à l’opposition et prône la désobéissance civile.

Le débat sur le changement ou non de la constitution au Congo semble bientôt trouver son issue : il y aura bien un vote référendaire le 25 octobre. Quel est votre point de vue, au stade actuel du débat ?

Je ne pense pas que nous soyons encore au stade du débat sur la question du changement ou non de la constitution en République du Congo. Ce débat ayant été biaisé dès le départ. Aujourd'hui, Denis Sassou Nguesso et son clan ont décidé d'organiser de façon illégale un référendum en date du 25 octobre sur le changement ou non de la constitution. Ce référendum est illégal et illégitime.
 
Congo Nzamba Fotor f3621
Avec la réussite de leur premier grand meeting du 27 septembre dernier, les leaders de l'opposition ne cessent de multiplier les rassemblements alors que la course contre la montre semble être engagée. Pensez-vous que cela peut contribuer à faire fléchir Denis Sassou Nguesso pour une éventuelle annulation du projet ?

Je salue et félicite tous les Congolais qui ont rendu possible la réussite du grand meeting du 27 septembre. Et en premier, tous les leaders du FROCAD et de l'IDC. Je dois dire qu'il est nécessaire que ce genre d'initiative se multiplie sur toute l'étendue du territoire national. Il ne faut laisser aucun répit à un régime qui s'est défait lui-même, de l'apparence de légitimité qu'il détenait encore aux yeux de la communauté internationale. Il faut finir le travail, en initiant une vraie crise de nature à renverser le rapport de force, et à pousser Denis Sassou Nguesso à la sortie. Nous devons nous rappeler qu'en 1992, pour avoir reproché au président Pascal Lissouba d'avoir violé l'article 75 de la constitution du 15 mars 1992, un seul article, toute la ville de Brazzaville était devenue une ville morte, en pleine désobéissance civile.

Aujourd'hui, Denis Sassou Nguesso vient de faire pire, en violant toute la constitution du 20 janvier 2002, puisqu'il vient de l'abroger sine die. Il faut une désobéissance civile illimitée sur toute l'étendue du territoire national pour faire partir Denis Sassou Nguesso et son clan du pouvoir.

Quel scénario peut on imaginer au stade actuel ?

Je pense qu'aujourd'hui, il n y a que deux possibles scénarios : soit le mouvement impulsé par l'opposition lors du meeting du 27 septembre 2015 s'essouffle par des compromissions et tractations souterraines, trahissant les aspirations du peuple congolais, à travers des actions minimalistes, sans envergure, permettant in fine, la tenue du référendum litigieux et consacrant la pérennité de Denis Sassou Nguesso et de son clan.

Soit, l'opposition va maintenir l'enthousiasme du 27 septembre 2015, en initiant des actions courageuses, efficaces et d'envergure, alliant la désobéissance civile à l'occupation pacifique et massive des bâtiments institutionnels, dont le plus symbolique est la présidence de la république.

L'opposition a lancé un mot d'ordre de désobéissance civile ce 20 octobre, croyez vous qu'il sera suivi ?

J'attends de cette désobéissance civile, comme tous les Congolais, une mobilisation populaire sans précédent pour en finir avec la médiocrité, l'impunité, le banditisme et l'intimidation érigés en mode de gouvernement du régime actuel. Je n'ai aucun doute que le mot d'ordre de la désobéissance civile sera suivi en masse, puisque moi-même, à travers le Mouvement Citoyen « RAS LE BOL », je travaille pour sa réussite. J'en profite pour interpeller la jeunesse congolaise d'être vigilante, de ne pas laisser la victoire citoyenne qui se profile à l'horizon, être récupérée par les chantres du tribalisme revêtus aujourd'hui, pour les besoins de la cause, des peaux d'agneaux. Nous veillerons à la sauvegarde de cette victoire citoyenne certaine.