Gabon: Jean Ping face à la cour constitutionnelle

Le candidat Jean Ping, farouche rival au président Bongo a déposé un recours à la cour constitutionnelle. Il conteste les résultats de la présidentielle.

C'est fait ! Le candidat de l'opposition, Jean Ping a bien suivi la voie légale pour protester contre les résultats obtenus par Ali Bongo Ondimba, président de la République sortant, candidat à sa propre succession lors de l'élection présidentielle qui vient de s'achever pour le compte du Parti Démocratique Gabonais (PDG) et réélu pour un second mandat avec un taux de participation de 99,98% dans la province du Haut-Ogooué, son fief.

gb jean ping 2 4b56bJean Ping - archives

C'est pour protester contre ces résultats jugés irrationnels par l'opposition que le recours a été déposé. La suite, l'opposition semble bien la connaitre. Depuis des dizaines d'années, estimait Jean Ping sur une antenne, « l'opposition gagne les élections au Gabon et on lui vole toujours sa victoire ».

Face à la pression et pour avoir raison, il faut s'en remettre aux juridictions compétentes. « On sait d'avance qu'y aller, c'est se condamner, mais si on n'y va pas, on va nous reprocher d'être des va-t-en-guerre », soulignait un soutien de Jean Ping.

Réplique

Non sans rester les bras croisés, le camp d'Ali Bongo Ondimba prépare également sa riposte. Il ne s'agira pas d'un recours de leur part mais de la constitution d'arguments solides contre le dossier de l'opposant pour mettre ce dernier dos au mur.

Selon des sources, le camp d'Ali Bongo Ondimba présentera dès mardi une demande reconventionnelle, une plainte en réponse au recours déposé par l'opposant. « Nous avons reçu le dossier de l'opposition. Nous allons formuler notre argumentaire. Il y a des anomalies relevées », a fait savoir la secrétaire générale du PDG, chargée des élections, Angélique Ngoma. Le camp de la majorité accuse notamment Jean Ping d'avoir falsifié des résultats dans certaines provinces, à l'exemple de celle de l'Ogooué Maritime, sa province natale.

Impatience

A l'issu de ces dépôts, la Cour Constitutionnelle disposera de quinze jours, soit deux semaines pour rendre son verdict. Pour les opposants gabonais, le verdict de cette institution semble déjà connu d'avance. Beaucoup parmi eux disent ne pas avoir confiance en cette juridiction et le procès des recours pourrait selon eux bien ressembler à celui vécu avant les élections, celui concernant le dilemme sur l'acte de naissance du président Ali Bongo Ondimba qui n'a abouti à rien.

Pour être dans la légalité et en conformité avec les recommandations de la communauté internationale, il fallait bien suivre cette voie. Quelques jours après ce dépôt, les militants de Jean Ping attendent avec impatience le verdict de la Cour Constitutionnelle. Quelle sera la suite ?