Le Gabon déconnecté des réseaux sociaux

En pleine crise post-électorale,internet fonctionne partiellement et l’accès aux réseaux sociaux a été interrompu pour des raisons inexpliquées.

Déconnectés du monde, voilà comment on pourrait qualifier la situation d'impasse Internet auquel sont confrontés les Gabonais depuis près de deux semaines. Les réseaux sociaux, Facebook, WhatsApp, Tweeter, Viber... qui concentrent une bonne partie de la population gabonaise sont inaccessibles. Pour communiquer avec l'intérieur tout comme avec l'extérieur, les Gabonais n'ont droit qu'à la téléphonie mobile. Même la messagerie classique a été interrompue.

Une situation qui irrite plus d'un d'autant plus que bon nombre de Gabonais, s'y sont accommodés avec facilité, faisant des réseaux, leurs canaux d'information et de communication privilégiés. Partiellement accessibles (quelques heures dans la journée), certains réseaux ne permettent pas de suivre en temps réel le déroulement de l'actualité au Gabon. Les sites en ligne fonctionnent encore au rythme de la presse classique. Et avec peu de moyens, ils ne permettent pas en ce temps de crise de faire les choses autrement.

Les réseaux sociaux sont des canaux d'information n'ont négligeables au Gabon. Facebook, par exemple, concentre à lui seul, des communautés virtuelles dans lesquelles se retrouvent les différentes couches sociales de la société qui souvent discutent de l'actualité du pays. Ce n'est pas de manière anodine que bon nombre de dirigeants gabonais possèdent de comptes Facebook et qui sont régulièrement alimentés. Ils ont compris l'intérêt d'être visibles sur la toile.

Promesse non tenue

Pour beaucoup, le gouvernement n'a pas respecté ses engagements. Ceux formulés aux observateurs internationaux par le ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya, de garantir l'accès à l'information avant, pendant et après les élections. « Nous avons tous besoin de cet outil et nous n'avons absolument rien à cacher. L'information doit circuler, les réseaux sociaux seront accessibles, » avait-il affirmé. Parole non tenue et sans aucune explication sur les causes de l'interruption.

Pour certains observateurs cela ne semble pas étonnant. Il fallait bien s'attendre à ce réflexe de dernière minute de la part des dirigeants gabonais surtout que quelques mois, son voisin du Congo Brazzaville avait coupé tout moyen de communication avec l'extérieur lors de la présidentielle de mars dernier.

Tout part des hackeurs ?

La coupure de dernière minute d'Internet serait selon d'autres sources, due au présupposée vaste réseau de manipulation orchestré par le camp de l'opposant Jean Ping. Il aurait, selon les autorités gabonaises, recruté d'informaticiens experts des élections pour truquer les résultats de la présidentielle qui vient de s'achever au Gabon.

C'est par le canal de l'application dénommée Regarder les Elections au Gabon (REGAB) que tout part. Présenté comme la création d'un jeune informaticien gabonais, Pierre-Desthin Soghe, Regab était en fait selon les autorités gabonaises, le fruit de hackeurs étrangers en particulier Ivoiriens qui avaient pour objectif, de créer une fausse opinion sur tel ou tel candidat.

Ces derniers ne seraient pas à leur premier coup en Afrique Centrale et c'est pour contrôler les flux d'informations autour de l'élection présidentielle qu'Internet, tout comme la messagerie classique ont partiellement été interrompu. Jusqu'à quand cela durera-t-il, personne ne le sait. Dans l'attente du retour de ce service désormais si précieux aux gabonais tout le monde attend avec impatience.