La RDC sous surveillance de l’ONU

Le conseil de l'ONU pour les droits de l’homme place la RDC sous surveillance, suite à une résolution du vendredi dernier, après les violences du 19 et 20 septembre.

Cette Résolution permet à l'ONU d'avoir dorénavant un œil regardant sur la situation en RDC. « Ça se traduit par le fait que le Haut-commissaire ou les experts des droits de l'homme se rendront régulièrement sur place. La collaboration qu'on a avec nos éléments qui sont engagés au sein de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) de documenter régulièrement la situation qui permet aussi que si la situation venait à s'empirer, au Conseil de prendre les décisions plus fortes envers cette situation. Soit, en décidant de créer une commission d'enquête ou un mandat d'experts, » explique Cédric Sapé, chargé de communication au Conseil.

rdc conseil de securite onu f7dc9

Le conseil évoque l'usage disproportionné de la force contre les manifestants et exprime « de profondes inquiétudes » par rapport aux « restrictions croissantes des libertés fondamentales ».

Enquête indépendante

Le mardi 27 septembre, la haute commissaire adjointe aux droits de l'Homme, Kate Gilmore, avait demandé une enquête indépendante sur les évènements des 19 et 20 septembre 2016 à Kinshasa et dans d'autres villes du pays. « Une enquête indépendante est nécessaire afin d'éviter une aggravation de la crise entre pouvoir et opposition », avait-t-elle déclaré devant le Conseil des droits de l'homme.

Selon l'ONU, 53 personnes ont été tuées et 127 autres blessées par la police et la garde républicaine pendant ces manifestations. La même source renseigne également qu'au moins 368 personnes ont été arrêtées lors des manifestations de la semaine du 19 septembre.

Pour rappel, la plateforme de l'opposition « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement» avait appelé, lundi 19, à une marche dans les principales villes de la RDC pour protester contre la non convocation du corps électoral par la CENI, conformément à la constitution.

Plainte

A Kinshasa, cette marche avait débouché sur une flambée de violences entre les manifestants et les forces de l'ordre, causant plusieurs dizaines de morts, de blessés avec des dégâts matériels très importants. Ces violences se sont poursuivies la journée de mardi 20 septembre.

Le président du comité des sages du « Rassemblement », Etienne Tshisekedi, a saisi vendredi 23 septembre le parquet général de la République contre certaines autorités politiques et de défense de la RDC qu'il accuse d'être « auteurs des tueries» de ces deux journées à Kinshasa.

La plainte visait notamment, les autorités suivantes : « le vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur et de la Sécurité Evariste Boshab, Denis Kambayi, le ministre de la Jeunesse et Sports ; André Kimbuta, le gouverneur de la Ville de Kinshasa ; le général Bisengimana, le commissaire général de la police congolaise ; le général Gabriel Amisi ;legénéral Kanyama,le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa ».

Selon Etienne Tshisekedi, les précités sont poursuivis pour « manquements graves contre les instruments internationaux de protection des droits de l'homme, la constitution et les lois de la République démocratique du Congo.»