Élections générales : les Angolais aux urnes ce 23 août

Pour exercer leurs droits démocratiques, ils choisiront les législateurs et, dans le même ordre d'idées, éliront un nouveau président de la République.

Pour la première fois en plus de 40 ans, les Angolais sont appelés à élire un nouveau leader politique. En effet, dès ce 23 août 2017, ce pays producteur de pétrole d'Afrique centrale/australe entame une période post José Eduardo dos Santos par ailleurs leader du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) qui aura passé 38 années au pouvoir dont 27 ans de guerre civile (1975-1991 ; 1992-1994 ; 1998-2002), avec près d'un million de morts, selon des chiffres officiels.
 
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Élections multipartites historiques de 1992

Après la signature le 31 mai 1991 d'un accord de paix entre José Eduardo dos Santos et le feu Jonas Savimbi, dirigeant de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) en vue de mettre fin à la longue guerre civile, le pays organise ses toutes premières élections (générales) multipartites, les 29 et 30 septembre 1992. Des élections libres supervisées par la Mission de vérification des Nations Unies en Angola (UNAVEM), mise sur pied pour veiller au respect de l'accord de paix. Quelque 800 superviseurs internationaux sont présents sur le terrain.
 
Les principaux partis en lice pour les 220 sièges à pourvoir sont le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola – Parti des travailleurs (MPLA-PT) du Président dos Santos et l'UNITA de M. Jonas Savimbi ; 16 petites formations ont également présenté des candidats, conformément aux amendements constitutionnels d'avril 1992. Le 17 octobre, le Gouvernement annonce 49,57 % des suffrages pour Dos Santos et 40,07 % pour M. Savimbi qui contesté les résultats. Quant aux élections législatives, le MPLA obtient la majorité absolue avec 129 sièges contre 70 pour l'UNITA. Du fait de la reprise des hostilités entre les deux rivaux, le second tour de l'élection présidentielle est suspendu.

2008 : après la seconde guerre civile, le MPLA fait carton plein
Aucune élection n'a lieu entre 1992 et 2008 en raison de l'éclatement de la deuxième guerre civile (qui a continué jusqu'en 2002). À cette période, trente-quatre partis et coalitions tentent de se présenter ; quatorze reçoivent l'autorisation nécessaire de la part de la Cour constitutionnelle... Les résultats provisoires donnent le Mouvement populaire de libération de l'Angola vainqueur avec 81,76 % des voix. L'Union nationale pour l'indépendance de l'Angola se classe deuxième, avec 10,36 % 3,4. Une défaite cuisante pour l'UNITA qui perd plus d'un tiers de ses sièges ; et passe de 70 à 16 sièges lorsque à l'Assemblée nationale, le parti au pouvoir obtient 191 places contre 129 en 1992. Une élection qui se fera avec une UNITA affaiblie. Jonas Savimbi, son leader depuis plus de 30 ans est tué à 67 ans en février 2002, lors d'une attaque de l'armée contre des forces de l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) dans la province de Moxico dans le sud-est du pays.

2012 : le principal parti de l'opposition s'arroge de nouveaux sièges
En 2012, la chance semble tourner pour l'UNITA qui obtient le double de son score de 2008. Le parti remporte 18, 2 % des suffrages et se maintient en tant que deuxième force du pays devant la toute jeune Casa (Large convergence pour le salut de l'Angola, dissidence de l'UNITA) arrivée troisième avec un peu plus de 5,6 % des voix. Et malgré les dénonciations de l'opposition qui crie à la fraude, les résultats définitifs de la Commission électorale portent le Mouvement populaire de libération de l'Angola en tête avec 175 sièges contre 32 pour l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola. Depuis 2008, La Constitution ne prévoit pas de scrutin présidentiel mais précise que le poste de chef de l'Etat revient au chef du parti qui remporte les législatives.