Maroc : le Roi destitue trois ministres !

Après la publication d'un rapport faisant état de «dysfonctionnements» dans le programme de développement lancé en faveur de la ville d'Al-Hoceima

Presque un an jour pour jour depuis le début de la contestation dans le Rif, le roi du Maroc Mohammed VI vient de limoger trois ministres en raison du retard pris par le programme de développement de la ville d'Al-Hoceima. Les sanctions prises visent Mohamed Hassad, ministre de l'Education, ainsi que les ministres de la Santé Houcine El Ouardi et de l'Habitat Nabil Benabdellah. Larbi Bencheikh, secrétaire d'État chargé de la formation professionnelle et Ali Fassi Fihri, patron de l'Office national de l'électricité et de l'eau (ONEE), ont également été relevés de leur fonction. Selon le rapport d'audit commandé par le roi Mohamed VI, tous ces ministres ont failli dans l'exécution du programme de développement «Al Hoceïma, phare de la Méditerranée»
 
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Un démarrage timide...
La mise en œuvre a connu un démarrage timide, aussi bien au niveau central que local. D'ailleurs, la commission de suivi, composée des responsables limogés, ne s'est réunie qu'en février 2017, soit 16 mois après la signature de la convention devant le roi en octobre 2015. La Cour des comptes a conclu que les ministères concernés ont cherché à se défaire de leurs responsabilités sans justification aucune. Ainsi, sur les 644 projets prévus au titre du programme « Al Hoceïma, manarat Al Moutawassit », les réalisations à fin 2016 se limitent à 5 projets achevés et 45 projets en cours.
 
Le mouvement hirak...
Le « Hirak » est né le 28 octobre 2016 après la mort d'un vendeur de poisson, ce mouvement a conduit à l'arrestation de 200 à 300 personnes en mai-juin, dont les meneurs. Le procès de son leader, Nasser Zefzafi qui encourt la peine capitale pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat », s'est ouvert avant d'être renvoyé au 31 octobre à la demande de la défense. En juin dernier, le roi Mohammed VI avait déjà reproché à ses ministres la non-exécution dans les délais impartis des différents chantiers prévus à Al-Hoceima. Azeddine Akesbi, membre de l'ONG Transparency Maroc a affirmé que le problème concerne en premier lieu le modèle de développement et de l'ensemble de la gouvernance du pays.
 
Beaucoup d'autres responsabilités méritent d'être soulevées, selon lui. Il a cité entre autre des exemples d'institutions marocaines qui ne fonctionnent pas, tels que le Conseil de la concurrence, qui est bloqué depuis longtemps, et l'Agence de lutte contre la corruption, dont le texte de loi a été adopté depuis longtemps.