Le Tchad, un "partenaire important" contre le jihadisme

C'est la déclaration faite par le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson lors de son étape de N'Djamena en terre africaine

Le diplomate américain a aussi exprimé sa volonté de normaliser les relations avec le pays placé sur liste noire américaine en septembre 2017. Dans le même temps M. Rex Tillerson s'est dit inquiet de la présence d'"éléments de Daech" dans le Sahel, au cours d'une conférence de presse en présence des autorités tchadiennes. "Nous avons réussi à vaincre Daech en Irak et en Syrie, nous savions qu'ils allaient fuir cette région et nous savions que ses combattants se rendraient en Afrique. Ils se sont établis dans plusieurs régions", a-t-il déclaré tout en rappelant le soutien américain à la force multinationale du G5 Sahel, pour laquelle Washington a promis un appui financier.
 
Allié de la France et de l'Occident dans la lutte contre les jihadistes opérant dans le Sahel, notamment dans le sud libyen, le Tchad est jusqu'à présent resté relativement épargné par les attentats jihadistes qui touchent de nombreux pays sahéliens. Ses forces déployées autour du lac Tchad pour combattre les jihadistes nigérians de Boko Haram, ont néanmoins été régulièrement la cible d'attentats-suicides. Les wahabites, soutenus par des fonds venus d'Arabie saoudite, ont par ailleurs acquis une influence grandissante sur l'islam local depuis ces dernières années, via leur réseau de mosquées et d'écoles coraniques.
 
Selon une source militaire tchadienne, les Etats-Unis disposent d'un drone à l'aéroport de N'Djamena pour surveiller le Sahel, ils soutiennent la force multinationale mixte (FMM) dans la lutte contre Boko Haram, participent à la formation de militaires tchadiens et fournissent du matériel à l'armée.
 
En outre, le secrétaire d'Etat américain est revenu sur l'interdiction de voyager aux Etats-Unis frappant les ressortissants tchadiens, depuis que le pays a été placé en septembre par Washington sur une liste noire pour un manque de coopération avec les Etats-unis. "Les mesures qui ont été prises sont nécessaires en raison du conflit qui existe aux frontières du Tchad", a justifié M. Tillerson.
 
La visite effectuée par des représentants du département d'Etat américain au Tchad en décembre dernier en vue de "renforcer le contrôle sur les passeports" et le "partage d'informations" pourrait permettre de retirer le Tchad de cette liste noire, a ajouté M. Tillerson, ancien PDG d'ExxonMobil qui exploite le pétrole tchadien, une société avec laquelle N'Djamena a eu des relations houleuses. Après son étape tchadienne, M. Tillerson devait se rendre au Nigeria où il doit achever sa première tournée africaine.