Gabon : procès contre les détournements des fonds publics

Des hauts fonctionnaires de la République doivent comparaître dans le cadre de l'opération "Mamba" devant la Cour criminelle spéciale (CCS)

Au Gabon, Mamba, la vaste opération d'arrestation des présumés coupables de corruption poursuit sa traque et veut tenir ses engagements. Lancée au lendemain des élections présidentielles d'août 2016 qui ont divisé le pays, de nombreux hauts fonctionnaires autrefois proches du Président de la République, Ali Bongo Ondimba, paient les frais de leur mauvaise gestion. Emprisonnés depuis 2017 pour certains et en liberté pour d'autres, Magloire Ngambia, ancien ministre de l'économie, Etienne Dieudonné Ngoubou, ancien ministre du pétrole, Paul Mapessi, Alain Paul Ndjoubi Assami, Grégoire Biyama etc... doivent comparaitre devant la Cour criminelle spéciale (CCS) mise en place pour la circonstance.
 
Cour Spéciale Gabon 214fb
 
Corruption et détournement, appropriation des fonds destinés aux chantiers publics, concussion, association des malfaiteurs, rétrocommissions, surfacturation notamment dans le cadre de l'affaire Guido Santullo, les griefs sont nombreux et certains parmi les présumés coupables sont accusés d'avoir détourné jusqu'à environ 500 milliards de francs CFA. C'est le cas de l'ancien ministre de l'économie, Magloire Gambia. Mais au Gabon, cette opération ne fait pas l'unanimité. L'opinion y voit une manœuvre de diversion car, s'il faut vraiment lutter contre l'enrichissement illicite, les malversations et autres détournements des fonds publics, ce ne sont pas les quelques personnalités mise en cause qui doivent passer à la barre mais tous ceux qui ont géré le pays, du temps du défunt Président de la République, Omar Bongo Ondimba et de l'actuel qui doivent être jugé.
 
Blaise Wada, premier à comparaitre
Blaise Wada, un ancien haut fonctionnaire de l'Unité de coordination des études et des travaux (UCET) fut, le premier à être appelé à la barre, le 15 mars 2018, avant que son procès pour des raisons peu recevables ne soit renvoyé. Il est accusé comme certains autres anciens fonctionnaires pris dans les mailles de l'opération Mamba, de s'être approprié à des fins personnelles, de l'argent soit, la somme de 1,7 milliards de francs CFA, destiné à l'aménagement et à l'assainissement des bassins versant de Libreville. Ce dernier devra être entendu aujourd'hui, mardi 20 mars 2018 comme prévu par le renvoi.