François Hollande à la reconquête d’Ankara

François Hollande va tenter de tourner la page des relations bilatérales difficiles entre la France et la Turquie.

 Le président français a effectué une visite officielle de deux jours en Turquie. Première visite dans le pays pour un chef d'Etat français depuis celle de François Mitterrand il y a vingt-deux ans. Une visite qui intervient dans un climat politique et économique très tendu. Comme le veut la tradition, le président français est allé, dès son arrivée dans la capitale turque, déposer une gerbe de fleurs sur le tombeau du père de la République, Mustapha Kemal Atatürk, avant d'être reçu officiellement par son homologue Abdullah Gül. «Nous attendons de cette visite un nouvel élan pour les relations franco-turques et avec l'Union européenne», a ainsi déclaré le porte-parole du ministère turc des affaires étrangères.

hOLLANDE TURC 2cee6Abdullah Gül et François Hollande - AFP, Adem Altan

Quelques dossiers épineux attendent le président français, parmi lesquelles la question d'une éventuelle adhésion de la Turquie dans l'Union Européenne. Alors que les spéculations autour de sa position sur la question vont sans recul, François Hollande rassure. Inutile de prendre sur lui toute la responsabilité et de continuer à alimenter la crainte. Au cours d'une conférence de presse qu'il a animée avec son homologue turc Abdullah Gül, le président français a affirmé que le peuple français sera consulté. C'est donc par voie référendaire que la France donnera son avis ; ce qui, assure-t-on, est la règle en matière de ratification des traités d'adhésion.

François Hollande devrait veiller à ne pas cautionner, par sa visite, le régime islamo-conservateur déjà pointé du doigt par les autorités de l'UE. La semaine dernière, le président de la commission de l'Union, José Manuel Barroso appelait le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, de passage à Bruxelles, à « poursuivre les réformes nécessaires » en vue de garantir le respect de l'Etat de droit en Turquie ; ce qui, pour les autorités de l'Union européenne, est la condition sine qua none d'un éventuel élargissement des 27 à la Turquie.


La reconquête d'une puissance émergente
La deuxième journée de cette visite reste marquée par une série de rencontres, en témoigne ainsi la présence autour du chef de l'Etat français de nombreux ministres. Sept ministres au total parmi lesquels, Laurent Fabius des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian de la défense, Arnaud Montebourg du redressement productif, ainsi que de nombreux responsables d'entreprises. Les relations entre les deux pays étaient devenues pour le moins tendues durant ces dernières années.

Dans l'entourage du président français, on pointe du doigt la gestion de la relation franco-turque sous l'ère Sarkozy. Les relations houleuses entre les deux pays avaient fini par entraîner la chute de la part des marchés français dans le pays (de 6 à 3%) entre 2009 et 2012.

Paris veut ainsi se lancer à la reconquête de ce pays dont le PIB par habitant n'a fait que tripler ces dix dernières années.