Le chômage illustre la divergence entre France et Allemagne

Le chômage continue de grimper en France alors qu'il recule en Allemagne. Le président français pourrait, dans le futur, s'inspirer d'un conseiller de Gerhard Schröder, selon la presse allemande.

 

C'est un des objectifs du président Hollande: organiser une convergence sociale et fiscale de la France et de l'Allemagne. Mais pour l'heure, les deux économies prennent des directions opposées.

Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 0,3 % en décembre en France, signant l'échec de François Hollande, qui avait fixé pour objectif d'inverser la courbe du chômage à la fin 2013.

Selon les chiffres publiés lundi par le ministère du Travail, les demandeurs de catégorie A, sans la moindre activité, recensés le mois dernier ont atteint 3.303.200, un nouveau record, soit 10.200 de plus qu'en novembre.

En ajoutant les catégories B et C, les personnes qui ont exercé une activité réduite, le nombre d'inscrits à Pôle emploi a progressé de 0,5 % pour atteindre 4.898.100 en France métropolitaine et 5.194.100 en incluant les départements d'Outre-mer.

La publication de ces chiffres est intervenue le jour où le premier ministre Jean-Marc Ayrault recevait les organisations patronales et les syndicats pour lancer le « pacte de responsabilité » annoncé mi-janvier par le chef de l'État, qui repose sur des baisses de charge pour les entreprises en échange d'engagements sur l'emploi.

Hollande Merkel 34b10Angel Merkel et François Hollande - crédit photo ProfesseurForex.com



Des chiffres qui tranchent avec la situation allemande

Début janvier, l'Allemagne avait de son côté publié des chiffres plutôt encourageants. Après quatre mois de hausse, le nombre de demandeurs d'emploi avait baissé de 15.000 en décembre à 2,965 millions en données corrigées des variations saisonnières (CVS), selon l'Office fédéral du travail.

Le taux de chômage, en données CVS, est resté stable à 6,9 %, proche de son plus bas depuis la réunification en 1990, après un pic à la hausse en 2011.

En données brutes, les plus commentées en Allemagne, le nombre de demandeurs d'emploi a toutefois augmenté à 2,873 millions contre 2,806 millions en novembre et le taux de chômage a atteint 6,7 % contre 6,5 %.

Les économistes avancent souvent la différence du mode de calcul du chômage pour relativiser la comparaison France-Allemagne, où les marchés de l'emploi sont aussi différents. Ainsi de nombreux Allemands travaillent à temps partiel alors qu'ils souhaiteraient travailler plus, sans rentrer dans les chiffres du chômage pour autant.

Une inversion de la courbe peu probable

Deux chercheurs de Sciences Po, Nicolas Lepage Saucier et Stéphane Auray se sont penchés sur l'évolution des statistiques du chômage, et ont constaté une « croissance constante du chômage de longue durée particulièrement inquiétante ». Les deux chercheurs sont à peine plus optimistes que l'opposition en France, qui utilise les statistiques de l'emploi pour discréditer l'action du gouvernement de Jean-Marc Ayrault

« Une inversion significative de la courbe semble improbable à court terme. Les offres d'emploi collectées et satisfaites de Pôle emploi ont constamment diminué depuis janvier 2012, sauf au cours des six derniers mois où la situation s'est légèrement améliorée en termes d'offres collectées ce qui laisse entrevoir une reprise possible si la tendance se confirme ».

Et si la solution était en Allemagne ?

Ce matin, la presse allemande faisait état de contacts récents entre Peter Hatz, auteur des réformes du marché du travail enclenchées par Gerhard Schrôder, et François Hollande. Selon des informations du journal de l'État régional de Sarre, Saarbrücker Zeitung, Peter Hartz aurait été reçu à la présidence française.


L'ancien conseiller du chancelier Gerhard Schröder s'est construit une réputation libérale en réduisant le nombre de mois d'indemnités des chômeurs à 12 mois et en les incitant les à accepter toute offre d'emploi.

Des perspectives qui dépendent du taux de croissance

Dans le meilleur des cas, les économistes anticipent une stabilisation du taux de chômage en 2014. Ils estiment que la croissance de l'activité attendue - 0,9 % pour le gouvernement, 0,6 % pour le consensus des économistes - sera trop faible pour absorber la hausse de la population active, de l'ordre de 150.000 personnes.