France : l'engagement des jeunes dans les mouvements djihadistes inquiète les autorités

Des centaines de jeunes français ou étrangers vivants en France sont allés se battre en Syrie ces dernières années aux côtés des mouvements djihadistes contre le régime de Bachar Al Assad.

 

C'est la goute d'eau qui a fait déborder le vase. Le départ vers la Syrie des deux jeunes français (15 et 16 ans) originaires de Toulouse, pour s'engager aux côtés des djihadistes contre le régime de Bachar Al Assad a relancé le débat sur ce sujet tendant à devenir une mode en occident. Selon un fonctionnaire de la direction centrale des renseignements intérieurs (DCRI), on estime à 450 le nombre de français partis combattre en Syrie. Parmi eux, une douzaine de mineurs.

Jeunes Djihadistes 5c696Image utilisée à titre d'illustration - ©dreuz.info

Premier fournisseur de djihadistes européens.
La France est le pays ayant fourni le plus de djihadistes en Syrie ces derniers temps, devant la Grande Bretagne, la Belgique et l'Allemagne, selon Alain Rodier, directeur de recherche en charge du terrorisme et du crime organisé au Centre français d'études sur le renseignement. Une situation qui inquiète de plus en plus les autorités françaises. Le président François Hollande a affirmé la nécessité de "protéger les jeunes". Le ministre de l'intérieur Manuel Valls a, quant à lui, annoncé lors d'une conférence de presse sur les chiffres de la délinquance, qu'il ferait prochainement des propositions au président et à l'assemblée pour combattre les filières djihadistes syriennes. Manuel Valls a aussi rappelé de la nécessité de mettre en place un service d'alerte pour les familles.

Alors qu'il y a peu, les autorités de la DCRI estimaient "assez isolés" les cas des jeunes femmes engagées dans les mouvements radicaux, à l'instar de la jeune étudiante originaire des Mureaux (Yvelines) partie offrir des services sexuels aux djihadistes, une lycéenne d'Avignon vient de faire part de sa présence aux côté des djihadistes. Sa disparition avait été signalée par ses parents après avoir constaté son absence prolongée du domicile familial.

La jeune fille aurait, selon les déclarations de son frère, "radicalisé son comportement depuis le mois de septembre". Elle aurait fait preuve d'un fort absentéisme scolaire et serait en contact via internet avec des personnes apparentées au Djihad en région parisienne. Selon les premiers éléments de l'enquête, la jeune fille serait arrivée par train à Paris avant de s'envoler pour Istanbul en Turquie. C'est de là qu'elle aurait gagné la frontière syrienne où elle serait prise en charge par "un réseau" de djihadistes.

Les deux adolescents toulousains candidats au djihad en Syrie, revenus en France les 26 et 27 janvier après avoir été récupérés en Turquie, ont été présentés à un juge anti-terroriste qui devrait les mettre en examen. Au stade actuel des enquêtes, rien ne semble indiquer que ces adolescents aient été recrutés en France par une filière. Ils seraient partis par leurs propres moyens, après avoir utilisés internet et les réseaux sociaux.

En attendant de comprendre le phénomène qui prend de plus en plus de l'ampleur, les autorités de l'hexagone veulent en appeler à la vigilance des parents.