Guinée : pourquoi les patients fuient-ils le CHU Donka ?

Donka, le plus grand centre hospitalier de Conakry, est considéré par de nombreuses personnes comme un centre où se transmet le virus Ebola.

Depuis quelques semaines, le centre hospitalier du pays devient de moins en moins fréquenté par les patients. Ceci, explique une infirmière, est dû à Ebola qui sévit le pays depuis le début de l'année où plus de 550 personnes sont mortes.

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Dans le passé, si à l'entrée principale de l'hôpital les malades et les visiteurs formaient une fil d'attente, et que des lits pour malades manquaient, aujourd'hui, le centre est déserté par les patients.

Il est 14 heures, ce jour-là, le journaliste d'Afriqueactualite.com arrive à l'entrée principale des urgences du CHU Donka. Là, un kit hygiénique y est placé où chaque visiteur ou patient passe pour laver ses mains.

A dix pas de là, se trouve un banc où des hommes en blouses blanches sont assis. Ils attendent des patients. ''Depuis un certain temps, l'hôpital Donka a complétement perdu sa clientèle. Les malades ne viennent plus'', se plaint une infirmière rencontrée dans les couloirs au service des urgences.

Si non, ajoute-t-elle, un lundi, l'hôpital pouvait gagner une trentaine de malades, mais le lundi dernier par exemple, aucune consultation n'a été enregistrée.

Pour 'Mme Kourouma', la population a mal compris les choses. ''Elle préfère aller dans les cliniques privées que de venir dans les grands centres hospitaliers où la prise en charge est effective. Nous prions les malades très grave de venir à Donka. Il n'y a aucun problème. Que les gens comprennent que ceux qui travaillent dans le centre de traitement d'Ebola sont des Guinéens. Ils sont là pour sauver des vies. Qu'ils n'aient pas peur ! Les gens sont là pour soigner et non pour contaminer des gens''.

Alors qu'à l'hôpital les médecins utilisent le thermo flash pour mesurer la température des visiteurs, certains citoyens estiment que c'est une façon de transmettre Ebola.

''Les gens fuient l'hôpital suite à la mauvaise information. Si vous voyez qu'on met les thermo flash en pistolet, ce n'est pas des balles qui sont là. Ce sont des piles. Mais il y a des gens qui vont déformer ça pour dire qu'on contamine les gens ici. Or, on fait ça pour ne pas toucher la personne'', rapporte le médecin Moussa Traoré.

''La population doit comprendre que cet hôpital est pour elle. Nous ne sommes pas privés. On est là pour le peuple, la nation et pour les malades. L'hôpital c'est pour les malades. Si la population fuie, c'est qu'elle est mal informée'', explique Dr Aïssata Touré, directrice de surveillance aux urgences de Donka.

D'après la soignante, la sensibilisation qui est en train d'être faite ne consiste pas à effrayer les citoyens. ''C'est pour prendre des précautions pour éviter de les contaminer''.

Elle invite à tous les malades à venir à l'hôpital pour les consultations. Car, il y a plusieurs autres maladies qui tuent à part Ebola. ''Utilisez l'hôpital pour vous soigner'', préconise le Dr Touré. ''Ici, tout le monde ne touche pas aux malades d'Ebola. Ceux qui touchent les malades d'Ebola sont dans un centre spécialisé. Donc, les malades ne sont jamais mélangés''.