Ebola : soigné au Sénégal, refoulé par la Guinée

Relations tendues entre la Guinée et le Sénégal. Tout est parti de la mésaventure d'un étudiant guinéen qui a séjourné à Dakar, alors atteint du virus Ebola.

Après avoir subi des soins intensifs à l'hôpital Fann de Dakar, grâce à une prise en charge de l'Etat sénégalais, le Guinéen Mamadou Aliou Diallo est guéri. Vendredi dernier, le gouvernement sénégalais a pris la décision d'embarquer le jeune Diallo à bord d'un vol militaire spécial en direction de la Guinée, rapporte notre confrère sénégalais Le Quotidien.

Aliou Dialo gn 4a45fMamadou Aliou Diallo en route pour Conakry

Ironie du sort, une fois dans l'espace aérien guinéen, Conakry a refusé l'atterrissage de l'avion sénégalais, poussant l'équipage à atterrir à l'aérodrome de Kédougou (département frontalier des deux pays, NDLR). C'est à partir de cette région sénégalaise que Diallo a regagné son pays via la route, apprend-on.

''L'avion en question a longuement tournoyé dans le ciel guinéen, sans jamais obtenir de feu vert. C'est de guerre lasse que l'équipage s'est résolu à se poser à l'aérodrome de Kédougou. Le jeune Mamadou Aliou Diallo est finalement rentré chez lui par la route à partir de la région de Kédougou'', indique le journal sénégalais.

Même si officiellement le Sénégal n'a pas fait état de cette information, du côté de la Guinée, on refuse toute réaction.

Joint au téléphone par Afriqueactualite.com, Kabasan Kéita, le directeur général de la société de gestion et d'exploitation de l'aéroport de Conakry (SOGEAC) affirme ne pas être au courant de rien, avant d'ajouter tout de même : ''je vous renvoie au ministère des Transports''. De ce côté, toutes nos tentatives ont été vaines.

Epreuve
Les frustrations guinéennes nées de la gestion de l'affaire Mamadou Aliou Diallo et de la fermeture des frontières sénégalaises à cause d'Ebola ont été plusieurs fois reprisent par la presse guinéenne qui avait fait échos des ''condamnations de Conakry à propos de la décision sénégalaise de fermer ses frontières avec la Guinée''.

Le chef président guinéen, Alpha Condé qui n'avait pas apprécié la fermeture des frontières, estime qu'il vaut mieux renforcer les mesures de contrôle aux frontières que de les fermer. "Quand vous fermez les frontières, les gens vont passer par la brousse", a-t-il fait remarquer, rappelant que l'Union africaine a recommandé à son tour l'ouverture des points de passages d'un pays à un autre.

Hier lundi, c'est le ministre guinéen des droits de l'Homme et des libertés publiques, Kalifa Gassama Diaby a, dans une lettre rendue publique, souligné : ''lorsque deux frères se tournent le dos, la tristesse pointe le nez. Je suis triste et ma tristesse est sans limite. Le peuple de Guinée vit une épreuve difficile, et comme si cette épreuve ne suffisait pas, il s'estime abandonné et stigmatisé par un pays frère et ami (Sénégal, ndlr)'', lit-on.