Togo: distribution de plus de  10 millions de préservatifs

Environ 10 millions de préservatifs vont être distribués aux jeunes. Une campagne pour vulgariser l'usage du préservatif et contre les idées reçues.  

Au Togo, malgré la campagne tous azimuts autour des maladies sexuellement transmissibles comme le sida, il est rare de voir un jeune tenir un préservatif au vu et au su de tous. Des fois, certaines personnes ont peur de se présenter dans un supermarché pour acheter un préservatif.

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Et lorsque celui qui en a un n'éprouve pas de honte, on lui colle l'étiquette de "vagabond sexuel" ou encore de prostituée.

Afin de finir avec cet état d'esprit et amener les jeunes à un changement de mentalité et de comportement, une grande campagne va s'ouvrir dans les jours à venir. En tout, dix villes clés sont ciblées: Lomé, Tsévié, Notsé, Tabligbo, Kpalimé, Atakpamé, Anié, Sokodé, Kara et Dapaong.

Dans ces villes, seront distribuées des préservatifs masculins et féminins autour de 8 stratégies à savoir: l"opération haute protection" pour les forces de l'ordre et de sécurité, "l'entreprise sans sida" pour les différentes entreprises, du "sida trempé dans l'essence", opération à travers laquelle les préservatifs seront distribués dans les stations d'essence.

L'opération se déroulera aussi dans les grandes stations du pays à travers l'opération "gare propre" sans oublier les débits de boisson et autres lieux de distraction dénommés "point chaud sans sida".

Dans les principaux bus urbains comme les bus Sotral, les préservatifs vont être distribués via l'opération "sida hors de la cité".

"Nous voulons amener les populations cibles à un changement de comportement, faire la promotion du préservatif et montrer son importance. C'est un moyen de double protection en ce qu'il permet d'éviter les grossesses non désirées et la contamination au VIH/Sida", explique prof Vincent Pitché, coordonnateur du secrétariat permanent du CNLS/IST.

Il faut dé-stigmatiser aussi le préservatif et donner confiance aux gens afin qu'ils aillent l'acheter sans avoir honte de quoi que ce soit, indique prof Pitché précisant que, "le plan, c'est d'avoir une génération sans sida d'ici 2020".

Cette campagne, explique le directeur pays de l'Onusida, Dr Christian Mouala dans le cadre de la déclaration de politique signée il y a un an par le Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'ONUSIDA. Elle vise à renforcer l'utilisation du préservatif afin de promouvoir la prévention du sida et des IST.

Lancée le 24 mai à Lomé, la campagne est une initiative du Comité national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (CNLS/IST), de l'Association togolaise pour le markéting social et la communication pour la santé (ATMS) et l'Unité de gestion des projets du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Selon les dernières données, on observe une tendance à la baisse du nombre de nouvelles infections (de 6649 en 2010, on est passé à 2447 en 2014). Le taux de prévalence a chuté de 5,8 % à 2,5 % sur la même période.
Les nouvelles infections sont en baisse de 50% en 15 ans et plus de 40.000 malades sont mis sous médicaments antirétroviraux.