VIH/SIDA : 120 000 Guinéens vivent avec le virus dont 63 000 femmes

La Guinée connaît une avancée dans la prévention contre le sida et le traitement des personnes vivant avec le VIH.

Actuellement en Guinée, 58 % des personnes connaissant leur statut sérologique, 29% de ces personnes reçoivent un traitement antirétroviral (ARV) et 6% des personnes vivant avec le VIH sous traitement ARV ont une charge virale supprimée, selon le comité national de lutte contre le sida (CNLS). Tels sont les efforts fournis par le pays pour atteindre à l'horizon 2020, l'objectif 90,90, 90 en vue d'une éradication de l'épidémie dans le monde.

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Selon la secrétaire exécutive adjointe du CNLS, Dr M'Mahawa Soumah, le nombre de sites qui développent les offres de services en matière de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant est passé de 262 en 2014 à 297 en 2015. Et le nombre de sites en matière de conseils et dépistages volontaires est passé de 101 en 2014 à 115 en 2015.

Parlant de la prise en charge en ARV, elle laisse entendre que 57 sites étaient fonctionnels en 2015 permettant ainsi le traitement de 35.082 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) contre 32.040 en 2014. « Pour le suivi biologique des PVVIH, on dénombre 48 appareils compteurs CD4 et 5 appareils à charge virale à Conakry et à l'intérieur du pays rapprochant ainsi les populations des services, » égrène Dr M'Mahawa en terme d'avancées enregistrées.

Ces efforts ont été rendus possibles grâce à l'augmentation substantielle de l'apport du gouvernement guinéen et la mise à disposition d'une subvention de plus de 61 millions de dollars, octroyée par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, dit-on.
Les Guinéennes et le VIH

Les femmes restent les plus touchées par le virus du sida en Guinée. Un rapport fourni par les autorités guinéennes en 2015 atteste que des milliers de personnes vivent encore avec le VIH sida et la couche féminine est la plus touchée par cette pandémie.

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Les dernières statistiques du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique ont rapporté qu'en Guinée, 120 000 personnes vivent encore avec le sida, dont 63 000 femmes et 14 000 enfants. Selon le CNLS, avec les femmes le taux de prévalence au VIH/SIDA est assez inquiétant avec 1,9 %, contre 0,9 % chez les hommes. Alors qu'en 2012, le taux de prévalence était estimé à 1,7 chez les adultes.

Malgré les efforts fournis pour la réduction de la contamination du virus du sida en Guinée, beaucoup de choses restent à faire.

Sur le plan de la prévention transmission mère-enfant (PTME), on apprend que la plupart des structures sanitaires privées et publiques spécialisées disposent d'une prise en charge gratuite des personnes vivant avec le VIH/SIDA en Guinée.

Rencontré au Centre Médical Communal (CMC) de la Minière, le psychologue de l'ONG Médecin Sans Frontière (MSF), Fofana Fodé Koutoubou, indique que la Prévention Transmission Mère-Enfant (PTME) est une option qui consiste à dépister une femme en état de grossesse, dans le but de connaître son statut sérologique, si cet examen révélait qu'elle a le VIH/ SIDA. « Tout de suite, elle est mise sur le traitement (ARV), c'est-à-dire, la prise régulière des médicaments ''antirétroviraux'', dans le but de mettre son enfant hors de tout danger de contamination, » explique le psychologue.

Notre reporter s'est aussi rendu au siège du ''Centre Dream'', une ONG italienne soutenue par la communauté Sant 'Egidio. Là, une femme en tenue africaine, de teint semi-clair, de taille moyenne, assise sur une chaise jette un regard pensif sur les visiteurs. Cette mère de deux enfants séropositives, fréquente régulièrement le centre Dream pour des soins.
« vit depuis des années avec le virus Sida et, c'est grâce au traitement que donne le Centre Dream, qu'elle a pu donner naissance à deux enfants sains dont l'un a 4 ans et l'autre 1 an et demi », témoigné la jeune dame sous anonymat.

Les innovations

L'ONG Médecin Sans Frontière Belgique vient de construire une infrastructure moderne pour le traitement ambulatoire des PV/VIH. Ce bâtiment R+2 a une capacité d'accueil de 31 lits avec un plateau technique ultra moderne.

L'inauguration a été faite lundi 28 novembre, en prélude de la journée internationale de lutte contre le Sida. Avec ce centre, les prestations de prise en charge des PV/VIH, vont nettement être améliorées. D'abord sa capacité ajoutée à celle du CTA, porte à cinquante un lits. Ensuite, les médecins vont être à même de faire des examens, jusque-là hors de leur portée. Mieux, durant deux ans, tout va être gratuit, de l'hospitalisation aux produits en passant par la nourriture.

En dépit de ces avancées, les acteurs de la riposte doivent redoubler d'efforts pour assurer les services de qualité en vue de dépister un grand nombre de personnes, d'offrir le traitement ARV aux PVVIH et leur assurer un meilleur suivi biologique aux populations.