Bénin: mieux gérer les risques d’inondation

Le pays tente de faire face aux inondations récurrentes dans certaines villes. Le président Boni Yayi a lancé un projet d’urgence censé soulager les Béninois dans 16 mois.

Tout a été essayé, pour mettre fin aux inondations dans la capitale économique du Bénin. Sans succès. Même l'opération « Cotonou en campagne contre l'inondation », mise en place par la mairie, pendant plusieurs années, n'a pas réglé le problème. Et rares sont les Cotonois qui ne sont pas inquiets à l'approche des saisons de pluies. Rues et maisons inondées, routes impraticables, c'est le tableauqu'offrent Cotonou et plusieurs villes au cours de la saison pluvieuse.

 

inondat 5745dUne scène d'inondation en saison pluvieuse - archives


Responsabilités partagées

Pendant longtemps, la réaction des autorités du Bénin s'est résumée, le plus souvent, à des sorties médiatisées dans les zones inondées, des distributions de vivres et de moustiquaires, des déplacements de certaines populations vers des centres d'accueil de circonstance. Les inondations de 2010 étaient considérées comme les inondations de trop avec un bilan particulièrement lourd : 49 morts, 150 000 sans-abris, 680 000 personnes affectées. A cela, il faut ajouter les dégâts matériels. Beaucoup d'infrastructures sociocommunautaires ont été détruites. Sur le plan économique, les pertes se chiffraient à plus de 78 milliards de francs Cfa (NDLR : 118 910 556,35 euros).

A l'origine, le débordement des cours d'eau de leurs lits. Les travaux d'urbanisation ont aussi rendu le sol imperméable. Conséquence, l'eau s'infiltre difficilement. La mauvaise occupation des espaces, le mauvais fonctionnement des ouvrages de drainage des eaux encombrés par les déchets de toutes sortes ont fini par faire des habitants de certaines villes du Bénin « des grenouilles », une partie de l'année.

Inquiétudes

Il faut, pour sortir de ce cercle vicieux, la réalisation de grands travaux d'assainissement. D'où, la mise en place de la phase opérationnelle du Projet d'urgence de gestion environnementale en milieu urbain (PUGEMU). L'objectif principal de ce projet est d'aider les populations des villes du Grand Nokoué (Porto-Novo, Sémè Podji, Cotonou, Abomey-Calavi et Ouidah) à faire face aux conséquences des inondations. D'un coût global, de plus 26 milliards de francs Cfa (NDRL : 39636852,12 euros), le PUGEMU est subdivisé en cinq (5) composantes (A-B-C-D-E). Et c'est la composante A qui est résolument entrée dans sa phase active.

Au cours du lancement des travaux, le ministre de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'Assainissement, Christian Sossouhounto, a présenté les caractéristiques de cette composante. Au total, il y a deux grands travaux, à savoir, la construction des collecteurs d'assainissement pluvial et la construction d'un pont à l'est de Cotonou, dans un quartier appelé « Fifadji ». S'ajoute à cet ouvrage, un aménagement paysager, véritable lieu de détente et de loisir érigé sur un hectare. Quant aux collecteurs d'assainissement pluvial, les travaux envisagés concernent, le débroussaillage et le calibrage des lits d'écoulement des eaux pluviales par dragage.

Ils comprennent trois des plus importants bassins versants de la ville de Cotonou. Le projet est majoritairement financé par la Banque Mondiale et partiellement par l'Etat béninois et les communes bénéficiaires. Les travaux sont prévus pour durer 16 mois.

Les populations de Cotonou ont poussé un ouf de soulagement, après le lancement des travaux. Elles, qui ne croyaient plus à l'assainissement de la métropole béninoise, peuvent désormais rêver d'une ville à l'image de certaines autres capitales africaines. Mais en attendant, les inquiétudes sont là. La saison des pluies, cette année, s'étant annoncée plus tôt que prévu, les cotonois veulent espérer que les inondations de 2014 seront les dernières qu'elles vont connaitre.