Tunisie: Sabrine, agressée à cause de sa couleur de peau

Le racisme perdure. Les cas isolés se succèdent et se ressemblent. Mais le racisme n’est toujours pas un délit en Tunisie. Il reste impuni.

Encore un témoignage poignant. Une jeune fille tunisienne victime de propos et d'agression racistes. Les faits remontent au début de ce mois d'octobre, une jeune citoyenne tunisienne, Sabrine Ngoy, noire de peau, se balade sur l'avenue Habib Bourguiba, la principale artère de la ville de Tunis, avec son ami Youssef, blanc de peau.

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Ravis de se retrouver comme d'habitude, les deux jeunes marchent le long de l'avenue, soudain une voiture passe près d'eux et ils entendent des injures et des insultes à connotation sexuelle parce que la jeune fille était noire. Les trois agresseurs vont jusqu'à la traiter de «p... ».

Son ami décide de relever le numéro de la voiture, afin de pouvoir porter plainte. Les agresseurs l'insultent à nouveau. N'appréciant pas d'être critiqué pour son con comportement, le conducteur descend de son véhicule et tente d'agresser le couple.

La police qui se trouvait non loin des jeunes gens, est intervient et le couple porte plainte contre ses agresseurs, malgré les menaces.

La plainte a été déposée pour insultes, mais pas pour racisme, car la loi tunisienne ne reconnaît pas le racisme comme un délit.

Honteux...

Sabrine a qualifié de honteux le comportement des trois jeunes hommes « Aujourd'hui, j'ai été agressée entre la grande horloge de l'avenue et la statue du leader Habib Bourguiba, le premier président de la République tunisienne, qui a donné la liberté aux femmes et qui a participé à son émancipation. J'aurais pu me faire agressée, dans une ruelle ou impasse sombre. Je ne suis pas un cas isolé. D'autres se font, quotidiennement, agressés à cause de la couleur de leur peau. Ces jeunes gens finissent par haïr ce pays, son histoire, sa civilisation. »

La société civile a dénoncé cet acte raciste et indiqué que le combat continue. Plusieurs acteurs de la société civile ont appelé les députés à promulguer une loi qui qualifie les délits racistes et les sanctionne.