Esclavage: un procès en Mauritanie et une plainte en France

Plainte pour torture en France contre des responsables mauritaniens au moment où se tient à Nouakchott le procès en appel de militants anti-esclavagistes.

Pendant que s'ouvrait lundi 14 à Zouerate le procès en appel des treize militants anti-esclavagistes accusés de « rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue, » une plainte contre X a été déposée le même jour au tribunal de grande instance de Paris pour tortures et traitements cruels par les avocats français de l'ONG IRA : Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste.

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Les faits remontent en juin et juillet derniers, treize militants de l'IRA, des membres d'une ONG qui dénonce l'esclavage moderne auquel sont soumises les populations noires de Mauritanie, avaient été arrêtés pour leur implication présumée dans des violences contre la police au cours d'une manifestation.

Les treize militants ont été condamnés en août à des peines de 3 à 15 ans de prison par un tribunal de Nouakchott. Leur procès en appel s'est ouvert lundi à Zouerate (nord du pays).

Au cours du procès, les avocats de la défense ont soulevé des exceptions de procédure « suffisantes pour annuler le dossier ». Plusieurs militants de l'IRA ont organisé dans la matinée un sit-in devant le tribunal pour réclamer la libération de leurs camarades. Ils se sont ensuite dirigés vers la salle d'audience.

20 %

Les plaignants ont donc appliqué la maxime, en portant plainte contre X devant le tribunal de grande instance de Paris pour « torture et traitement cruel ». Ils ont réussi à identifier formellement une vingtaine de hauts gradés dans ce dossier, des responsables bien connus pour être les architectes de la torture en Mauritanie.

Georges-Henri Beauthier, avocat de l'IRA à Paris a affirmé qu'ils ont demandé aux autorités françaises d'interpeller ces hauts gradés lors de leur passage en France et de les traduire en justice. Ce, en vertu du principe de la compétence universelle qui permet à un État de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves quel que soit le lieu où les faits ont été commis et la nationalité des auteurs ou des victimes.

L'esclavage a été officiellement aboli en 1981 en Mauritanie, seulement certaines pratiques de servitude perdurent, une situation dénoncée par l'IRA. Selon le président de l'ONG, Biram Ould Dah Ould Abeid, 20% de la population en Mauritanie est victime du travail forcé. Ils n'ont pas de pièce d'identité ni d'accès aux soins. Les femmes et les filles subissent régulièrement des viols.