Biens mal acquis, le procès de Teodorin Obiang s’est ouvert à Paris

Ouverture du procès du fils ainé du président de la Guinée Equatoriale à Paris. Il est accusé de s’être constitué un patrimoine en puisant dans les fonds publics.

En France, la richesse du fils ainé du président Equato-Guinéen, Teodore Obiang Nguema est immense et son origine suscite des interrogations depuis bien des années. Evaluée à plus de 100 millions d'euros, certains se demandent comment celui qui durant 25 ans, entre 1997 et 2012, occupait le poste de ministre de l'Agriculture et de la Forêt, avec son salaire mensuel de 60 000 euros est parvenu à se constituer un immense patrimoine.

gn eq theodore obiang ff11fTeodore Obiang Nguema

Sur l'avenue Foch, ce dernier possède un hôtel de cinq étages d'une superficie de 4000 m². Acquis en 2005 pour 25 millions d'euros, l'hôtel est un joyeux architectural : ascenseur, appartement et décoration de luxe, les travaux outre le prix d'achat lui ont coûté 12 millions d'euros.

Le patrimoine de luxe de Teodorin Obiang, n'est pas seulement constitué de biens immobiliers, ce dernier possède aussi dans son parking des véhicules de luxe de grands constructeurs et pas les moindres : Bentley, Lamborghini, Rolls-Royce, Maserati, Bugatti, Harley Davidson... L'appétit de Teodorin pour le luxe est tellement vorace que ses actions d'achats se chiffrent souvent en grande somme.

Dans ses collections, Teodorin Obiang possède même des objets de valeur ayant appartenu à des stars mondialement reconnues comme Michael Jackson. Et pour brouiller les pistes de la source de certains de ses biens, Teodorin selon les informations fournies par les services d'enquête de France se livre à des transactions douteuses. La quasi-totalité de ses biens appartiennent à des sociétés suisses, Ganesha Holding, Gestion Entreprise Participation (GEP), Re Entreprise SA, Nordi Shipping and Trading Co Ltd, Raya Holding SA, dans lesquelles il détient des actifs. Cela permet d'éviter de remonter jusqu'à lui.

2007, début des ennuis

Le cauchemar judiciaire avec la justice française débute en 2007, lorsque des associations humanitaires et de lutte contre la corruption, Sherpa et Transparency International lancent une plainte à l'endroit de ce dernier pour « biens mal acquis ». Débute alors une série d'enquêtes où l'origine de la fortune de l'Equato-guinéen sera minutieusement analysée. Teodorin Obiang est attendu mais sans issue. De leurs côté, les autorités équato-guinéennes, le président en particulier voit en cette tentative de traduction en justice de son fils, une atteinte à la souveraineté de son pays surtout que l'homme occupait une fonction publique donc, jouissant d'une immunité diplomatique mais que le tribunal correctionnel de Paris dit ne pas reconnaitre.

Entre 2007 et les années qui suivront, comme pour bon nombre de dirigeants africains mis également en cause dans l'affaire de « biens mal acquis » dont Omar Bongo Ondimba du Gabon, décédé en juin 2009 et Denis Sassou Nguesso du Congo, l'enquête se limitera à des témoignages et des perquisitions et demeurera sans issue concret.

Rebondissement

Récemment en France, l'affaire a été à nouveau ravivé et dans le viseur de la justice française, le fils ainé du président de la République de Guinée Equatoriale, Teodorin Obiang. Depuis lundi 02 janvier, la justice examine ce qu'elle considère comme la première affaire de « biens mal acquis ». Le tribunal correctionnel de Paris met en cause Teodorin Obiang pour abus de bien sociaux, détournement de fonds publics et corruption. Le parquet de Paris accuse notamment l'accusé d'avoir puisé dans les caisses du Trésor public équato-guinéen à hauteur de 110 millions d'euros entre 2004 et 2011 pour servir ses intérêts personnels.

Pour les avocats de l'accusé, c'est honnêtement, en travaillant durant des années que Teodorin est parvenu à se constituer son patrimoine. Par la voix de son avocat, l'homme a dévoilé sa volonté de voir le procès être renvoyé. Le tribunal correctionnel de Paris se prononcera ce 4 janvier sur un possible report du procès, mais cela n'arrange pas les organismes humanitaires car ce n'est pas la première fois que ce procès sera renvoyé, si c'est le cas.