Douala à l'épreuve des coupures de courant

Douala, capitale économique du Cameroun, a renoué avec les coupures intempestives d’électricité depuis quelques jours. Ce, au grand désarroi de la population.

Le scenario est le même tous les soirs, dès 19 h plusieurs quartiers de la ville sont plongés dans le noir total. Cette situation qui fait partie du quotidien de certains habitants de Douala depuis plusieurs mois a empiré il y a quelques jours. Au quartier CCC, dans la commune d'arrondissement de Douala 3e, on a passé la deuxième nuit d'affilée sans lumière mercredi. Les populations du Mabanda, banlieue située dans le 4e arrondissement, en sont à la troisième.

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Les coupures exaspèrent naturellement. Les plaintes viennent surtout des commerçants qui ressentent directement les effets négatifs de la situation sur leurs activités. Mme Leutcheu, tenancière d'une petite poissonnerie au quartier Mabanda, affirme qu'elle a déjà eu maintes fois des soucis avec plusieurs clients. « Ils disent que le poisson n'est pas frais, qu'il est gâté. Le courant va, il vient, moi-même je sais qu'ils ont raison mes clients. La marchandise ne peut pas résister, » nous avoue-t-elle.

A côté de cela il y a les désagréments causés aux élèves qui sont perturbés dans leurs études. « Les enfants ne peuvent même plus apprendre le soir parce qu'il n'y a pas de lumière, » argue un conducteur moto.

Des raisons insuffisantes

Dans un communiqué rendu public, en début de semaine, ENEO l'entreprise en charge de la production, du transport et de la distribution de l'électricité au Cameroun a apporté des explications au sujet de l'origine du problème. Le vandalisme affecte la centrale de Dibamba qui est désormais dans l'incapacité de délivrer ses 88 MW de production. « Deux pylônes de la ligne de transport de la centrale thermique de Dibamba vers les centres de consommation se sont écroulés lundi dernier sous l'effet des actes de vandalisme perpétrés sur ces ouvrages. Au total, ce sont 7 pylônes qui ont été vandalisés et mis hors service », peut-on lire dans le communiqué.

Insuffisant comme explications déclarent des habitants de Douala invités à se prononcer sur la sortie d'ENEO. « Et avant qu'est ce qui se passait ? Les coupures ne datent pas d'aujourd'hui !» nous répond-on. « Qui va vandaliser dans une centrale pour chercher quoi ? » s'interroge M kemajou habitant du quartier Deïdo autre zone de la capitale économique sujette à des coupures à répétition.

Malheureusement la situation pourrait encore durer, car si l'entreprise précise que ses équipes s'organisent pour minimiser au mieux l'impact de situation sur le service public de l'électricité, elle ne dit pas quand est-ce qu' une solution définitive sera apportée.