Guinée: un opposant condamné à 1 an de prison pour escroquerie

L’opposant Thierno Mamadou Bah a été condamné à un an de prison avec sursis pour tentative de chantage et diffamation au détriment d’un homme d’affaires.

Le tribunal de première instance de Dixinn a reconnu coupable de tentative de chantage le président du parti Nouvelle Génération Citoyenne, NGC, Thierno Mamadou Bah. L'ex journaliste guinéen a été condamné à un an de prison avec sursis. Durant tout le procès qui a démarré le 30 mars, il a nié en bloc les charges portées contre lui.

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Thierno Mamadou Bah

 

L'ancien directeur de publication de l'hebdomadaire ''Le Defi'' est accusé de chantage et de diffamation par l'homme d'affaire Kerfalla Person Camara alias KPC (magnat de l'immobilier et très proche du président Condé, Ndrl).

Le verdict est tombé la semaine dernière. L'avocat du président du parti Nouvelle Génération Citoyenne, maître Salifou Béavogui qui s'est confié à notre rédaction a promis de relever appel. Pour lui, l'affaire a été très mal jugée.

A la barre Thierno Mamadou Bah a nié les faits. Dans ses explications devant le tribunal, le prévenu a déclaré qu'il a connu KPC en 2014 à Paris. Selon lui, à l'époque, KPC l'avait invité à une cérémonie de remise de prix dans la capitale française. A leur retour en Guinée, KPC aurait demandé à le rencontrer chez lui à Lanbanyi. Il s'est déplacé pour aller rencontrer le magnat de l'immobilier guinéen, raconte-t-il, précisant que KPC s'est confié à lui et lui a demandé de le contacter pour tout besoin. Thierno Mamadou avoue à la barre qu'à l'époque KPC avait subventionné son journal le « Défi » qu'il gérait, à hauteur de 50 millions de francs guinéens. « Depuis ce jour je ne l'ai pris revu », a-t-il dit.

Poursuivant sa déposition, le prévenu a indiqué qu'il y a quelques jours, un journaliste est venu le voir avec beaucoup de vidéos et de fichiers. Parmi ces fichiers, il y avait un qui concernait KPC qu'il présente comme un ami. A ses dires, le journaliste voulait publier les fichiers. Mais pour le fichier concernant KPC, il a dissuadé le journaliste lui demandant d'attendre qu'il contacte KPC.

Le procès

Accusé d'avoir demandé à KPC de l'argent contre un fichie rscompromettant, l'opposant raconte la scène.

A la barre, le leader de NGC dit avoir vainement cherché le numéro de KPC. Il a alors décidé d'écrire un email à KPC pour lui parler de ce fichier et qu'une fois publié, cela porterait atteinte à l'image de Kerfala Camara. Il s'agissait d'un fichier compromettant.

« Je lui ai écrit pour attirer son attention sur le fichier en lui demandant de trouver quelque chose de consistant (une forte somme, NDLR) pour le journaliste », se remémore l'opposant, précisant que ce n'était pas la première fois qu'il échange des emails avec KPC. En réponse à son email, le PDG de Guicoprès lui aurait dit qu'il reçoit souvent des pressions de ce genre et donc de laisser le journaliste publier ses fichiers.

Après cet échange d'emails, Thierno Mamadou Bah dit avoir été étonné d'apprendre les jours suivants dans la presse qu'il aurait tenté d'extorquer 500 millions de francs guinéens à KPC à cause d'une vidéo porno.

Le prévenu soutient avoir immédiatement envoyé un email à KPC dont voici la teneur : « Bonjour KPC, je suis étonné d'apprendre que vous m'accusez de vous avoir demandé de l'argent. Je n'en ai jamais demandé ni à vous ni à un autre. Je vous exigerai dans ce cas de me fournir des preuves de votre accusation sinon je serai dans l'obligation de porter plainte contre vous pour diffamation ». En réponse à cet email, KPC a dit « A bientôt alors en justice ».

A la barre, Thierno Mamadou a soutenu que cette affaire n'était nullement liée aux scandales de sextape qui défraient la chronique en Guinée. « Je m'inscris en faux, ce n'était pas à cause d'une vidéo porno », a-t-il confié.

Pour rappel, deux responsables d'entreprises (Guicoprès dont KPC est le PDG et Imporium) et un responsable du RPG, parti au pouvoir ont été au centre de scandales de sextape (vidéos pornographiques) en début mars. Les deux premiers ont réussi à sortir du pays et le troisième a perdu son poste.