Le Cameroun qualifié pour la CAN, la bataille pour la présidence de la FECAFOOT bat son plein

Après deux rendez-vous manqués, les Lions indomptables sont qualifiés
pour la CAN. Mais la lutte pour la présidence de la FECAFOOT, éclipse la joie de la victoire.

Elle était attendue et c'est désormais chose faite. La qualification du Cameroun pour la Coupe d'Afrique des Nations 2015 propulse à nouveau les Lions indomptables au-devant de la scène du football africain. Un ouf de soulagement pour ce peuple du football qui a manqué les deux précédentes éditions.
 
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Un immense soulagement, ce, d'autant plus que voilà presque dix ans que la sélection nationale du Cameroun n'avait plus abordé une dernière journée de la phase de qualification d'une compétition avec un match sans enjeu. Et pourtant ce n'est pas cette nouvelle qui fait le plus vibrer le milieu du football camerounais. Les enjeux sont ailleurs. L'élection du président de la Fédération camerounaise de football prévue le 29 novembre se trouve au centre de toutes les conversations. Insultes et tripatouillages au sein de la fédération camerounaise de football sont les sujets marquant de l'actualité camerounaise.

La bataille

Le comité de normalisation crée par la FIFA conjointement avec le gouvernement camerounais devrait céder sa place en cette fin du mois de novembre. Avant cela, il doit organiser des élections à la FECAFOOT et s'assurer que la fédération héritera d'un président irréprochable. Seulement dans le milieu du football camerounais, très peu de personne ont le profil qu'il faut. L'enjeu est tellement grand. Gérer la Fédération camerounaise de football, c'est gérer la « mangeoire ». Conséquence, personne ne veut céder sa place. Les dirigeants d'hier n'entendent pas se laisser évincer, le comité de normalisation qui a pris goût au pouvoir entend laisser un héritier. Les ligues régionales se livrent une bataille sans merci et les candidats dits neutres tels Joseph Antoine Bell ou encore Jules Nyonga, ancien sélectionneur des lions indomptables veulent se frayer un chemin.
 
Les grandes manœuvres ont pris le pas sur le processus électoral et ne laissent pas la place à un consensus. C'est donc la guerre à tous les niveaux. Les ligues régionales qui se livrent batailles pour désigner leur collège électoral. Les régions du Centre et du Littoral sont le théâtre des grandes empoignades. « Ils ont jeté par la fenêtre les règles d'un processus électoral apaisé, » s'insurge Vincent de Paul Belobo Atangana, membre de la ligue régionale du football du Centre. A Douala, il aura fallu l'intervention de la police pour remettre de l'ordre au cours de la réunion élective. Plusieurs factions ont vu le jour à Yaoundé. « C'est quelque chose d'assez révélateur de ce qui se passe en ce moment autour du football au Cameroun. Ça prouve qu'ils ne connaissent pas le fair-play que prône le football à la base ». remarque le journaliste Pierre Lebon Elanga, commentateur sportif, au lendemain de la victoire.
 
Il est d'autant plus scandalisé de constater que les intérêts des acteurs du football se trouvent ailleurs. « On se demande si tous ceux qui sont autour du football camerounais connaissent le football et s'ils veulent servir le football » s'interroge-t-il. Albert Ayomba, membre de la faction dite du « Centre fort », parle de mauvaise foi ou « de la résultante du fait que les gens n'ont pas pris le temps de lire les statuts qu'ils ont eux-mêmes applaudis ». Aujourd'hui, le comité de normalisation est pointé du doigt et est accusé de vouloir tirer son épingle du jeu.
 
De manière générale, les textes et les collèges électoraux sont fortement contestés. Certains en arrivent à souhaiter que le 29 novembre passe rapidement afin qu'on recommence à parler du vrai football.
« Hier, il y avait une dichotomie entre une équipe professionnelle et un environnement qui restait amateur. Aujourd'hui, nous ne sommes pas loin de revenir à la case de départ, » disent de nombreux analystes sportifs camerounais.