Affaire Ebossé : l’avocat et la famille parlent de duplicité

A la suite de la sortie médiatique du président de la Jeunesse sportive de Kabylie, mercredi sur RFI, les parents du défunt joueur se disent dépités.

Le président de la Jeunesse Sportive de Kabylie, Chérif Hannachi, a réagi mercredi aux conclusions de la deuxième autopsie du corps d'Albert Ebossé procédé au Cameroun. Au micro de Radio France International, il a dénoncé cette autopsie et soutenu que contrairement à ce qu'elle disait, son ancien joueur n'avait pas été tué, ni dans les vestiaires, ni par des personnes qui s'y trouvaient.

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Son attitude et ses propos n'ont pas été appréciés dans l'entourage du défunt. Son père André Ebossé, malade et allité, déplore simplement une attitude qu'il qualifie de duplicité. Il se dit d'ailleurs désemparé. «Je ne sais pas quoi dire, j'espère simplement que la vérité triomphera et juste sera faite ».

Jean Jacques Bertrand, l'un des deux avocats chargés de défendre la famille Ebossé devant les instances judiciaires, quant à lui dit vouloir du concret. Il revendique une réponse documentée. « Le président de la Jeunesse sportive Kabylie peut faire les déclarations qu'il veut. J'attends qu'il réponde aux courriers que je lui ai envoyés, ce qu'il n'a jamais fait. Ses déclarations n'ont aucune valeur. Elles ne sont étayées par aucun élément. Nous attendons des autorités algériennes tous les documents sur l'enquête en cours afin d'avoir une option sur les circonstances du décès d'Albert Ebossé. Le seul document plausible que nous avons pour l'instant, c'est le rapport de l'autopsie du Dr Mounè, » a déclaré le juriste français interrogé par des journalistes camerounais.

Les avocats de la famille Ebossé ne comptent pas se laisser démonter par une quelconque déclaration. Avec les nouveaux éléments qu'ils ont en leur possession, ils se disent prêt à aller au bout de l'affaire afin d'élucider toute cette histoire. Quant à l'agent du joueur, Sylvain Honnang, il ne souhaite pas s'exprimer pour le moment. Et pourtant les questions sur la succession de l'ancien joueur de 24 ans continuent de se poser.

La succession

Indexé par Chérif Hannachi au cours de son interview à RFI, Sylvain Honnang ne compte pas s'exprimer pour le moment sur les questions de successions d'Albert Ebossé. Visiblement, la partie algérienne qui pensait que la famille du défunt s'était contentée des promesses faites pour réparations, réfléchirait déjà sur la question de la liquidation des affaires courantes. « Il parait qu'Ebossé a une petite fille. On voudrait connaître ses héritiers... On a discuté avec le manager plus de vingt fois, mais il n'a rien fait » a expliqué le président de la Jeunesse Sportive de Kabylie.

Un autre proche d'Albert Ebossé lui répond en affirmant que c'est de la diversion. « L'agent du joueur ne peut que faire un travail qui relève de sa compétence. Il ne peut pas être interpellé pour des besoins de succession étant donné que les parents du défunt sont vivants. Au-delà des descendants, il y a les ascendants du défunt. Le manager n'était qu'une courroie de transmission entre le club et la famille ».

Au cours de notre enquête, nous avons également appris qu'une réunion s'est tenue à l'ambassade du Cameroun à Alger. Réunion à laquelle il avait été convenu que toutes les sommes dues ou promises à la famille d'Albert Ebossé devraient être versées à son père. La famille ne comprend donc pas pourquoi les dirigeants de son ancien club abordent encore ce sujet alors qu'il est question ici de connaître la vérité sur les circonstances de la mort du défunt. Il va sans dire que la famille réclame que justice soit faite sur l'assassinat de leur fils. Compte tenu de tout cet imbroglio, cette affaire devrait encore nous réserver quelques rebondissements.