CAN 2015 : les Aigles de Carthage tenus en échec par les Requins bleus

Invaincue lors des qualifications, la Tunisie a mal débuté la CAN. Pourtant favoris, les Aigles de Carthage ont été accrochés par les Requins bleus du Cap Vert.

Tout le monde pensait à une certaine revanche dimanche : Opposés au premier tour de la CAN 2015, la Tunisie et le Cap-Vert ont été impliqués dans l'affaire la plus rocambolesque des qualifications pour la Coupe du monde 2014. Éliminés sur le terrain, les Aigles de Carthage ont obtenu leur ticket pour les barrages après avoir déposé une réserve contre les Requins bleus, qui ont été disqualifiés par la FIFA.

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Une victoire administrative qui a fait couler beaucoup d'encre du coté des Capverdiens ! La Tunisie et le Cap-Vert se sont affrontés avec la perspective de prendre, en cas de victoire, la première place du groupe B de cette CAN-2015, surtout après le match nul entre la Zambie et la RD Congo (1-1). Seulement les Aigles de Carthage et les Requins Bleus se sont quittés sur un score nul (1-1).

Moncer a ouvert le score pour la Tunisie à la 70e minute en reprenant un centre en retrait suite à une belle action de Saïhi puis Maâloul en passeur décisif, quelques minutes plus tard, Ben Youssef s'est permis de faucher Heldon. Le joueur du Sporting Portugal s'est chargé lui même de se faire justice et de convertir son penalty (1-1, 78e).

Au vu du match, le partage des points a été logique après 90 mn équilibrées. Les Requins bleus ont dominé la première manche. Plus tranchant, plus percutant et plus agressif dans ses attaques que son adversaire, grâce au milieu de terrain Rocha qui a été très actif à la récupération, le Cap-Vert a confirmé ainsi dimanche soir sa montée en puissance dans le football africain.

En seconde période, les Aigles de Carthage ont de nouveau peiné à entrer dans le vif du sujet, et le Cap-Vert a encore failli ouvrir le score par Kuka, dont la frappe a finalement été sauvée par Ben Youssef sur sa ligne (56e). Akaichi s'est longtemps démené à la pointe de l'attaque tunisienne, mais il n'a pas obtenu le soutien d'un milieu de terrain appliqué mais peu actif.

La Tunisie a timidement entamé sa campagne africaine. Hormis l'action qui a amené le but de Moncer, on n'a pas vu grand-chose dimanche sur la pelouse du stade Chiko Maily d'Ebebyin. Les attaquants tunisiens doivent revoir sérieusement leur stratégie s'ils veulent aller loin dans cette CAN.

Mauvaises conditions 

Les Tunisiens ont pâti des mauvaises conditions de séjour dans la ville equato- guinéenne, des problèmes logistiques qui continuent de susciter le mécontentement dans le camp tunisien. Dès leur arrivée, les Tunisiens ont connu une drôle de mésaventure en prenant leurs quartiers à Ebebiyin, l'un des deux sites de la compétition, avec Mongomo, dont les infrastructures laissent largement à désirer. Leur hôtel a en effet subi des coupures d'eau et d'électricité. Selon les dirigeants des Aigles de Carthage de Tunisie, leur équipe a été accueillie par une coupure d'électricité dans l'hôtel avant d'être confrontée à un problème de chambres. Elles n'étaient non seulement pas prêtes mais également privées d'eau.

« Malgré notre volonté de se concentrer sur nos matchs, les conditions de séjour contrarient notre programme de préparation et nous allons faire part à la CAF de notre mécontentement lors de la réunion technique », a souligné sélectionneur Georges Leekens dans une déclaration à l'envoyé spécial de l'agence de presse tunisienne Tunis Afrique Press.

Il a indiqué qu'il « importe de révéler au public tunisien la réalité des conditions où on prépare la CAN à Ebebiyin car ce que nous vivons ici n'aide guère à la concentration pour une aussi importante échéance que la Coupe d'Afrique des Nations ».

Egalité parfaite

Du coté des supporters tunisiens, les avis étaient mitigés, certains imputent l'échec du onze national face aux capverdiens, aux mauvaises conditions de séjour. D'autres et ils sont nombreux, à l'instar de l'ancien joueur international Tarek Dhiab, pensent que Leekens doit revoir ses plans. « En effet avec un milieu comme celui face au Cap Vert, nous n'irons pas loin dans cette CAN. Il est clair que Chikhaoui n'est pas prêt ! Il manquait de rythme et n'a pas réussi à prendre de vitesse ses vis-à-vis ».

Hatem Trabelsi , consultant de BeIN Sport , pense que « les changements étaient tardifs. Msakni aurait pu jouer une demi-heure. Akaichi était trop seul devant et le milieu n'aidait pas. L'unique fois où Saihi a sorti une bonne passe sur l'aile, nous avons marqué. Le sélectionneur du Cap Vert a su que nous sommes faibles sur les ailes et a fait les changements nécessaires pour en profiter ».

Dans la même journée, la Zambie et la République Démocratique du Congo ont aussi fait un match nul sur le même score, ce qui place les quatre équipes à égalité parfaite pour cette première journée du groupe B. Un groupe qui s'annonce beaucoup plus serré que prévu. Tunisiens et Capverdiens, savent que tout se jouera lors des deux prochaines journées.