Les Diables rouges tétanisent les Panthères

Des scènes de liesse ont été observées dans les grandes artères de Brazzaville la nuit dernière pour célébrer la victoire des Diables rouges sur les Panthères du Gabon.

La victoire des Diables rouges du Congo mercredi face aux Panthères du Gabon a électrisé les foules de supporters à Brazzaville. Des scènes de joie ont été enregistrées dans tous les quartiers de Brazzaville, notamment dans les grandes artères, lorsque, à la 48e minute de la partie le capitaine Principe Oniangue, d'une reprise, marquait l'unique but du match.

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Même si le dernier quart d'heure a été très éprouvant pour les supporters des Diables rouges, certains suppliant à l'écran que l'arbitre siffle la fin de la partie, la victoire a été assurée. Malgré les incursions quasi-permanentes des Panthères dans le camp congolais, le Gabon ne reviendra jamais au score. Le Congo réalisait là un exploit, une première victoire en coupe d'Afrique depuis 41 ans.

Au coup de sifflet final, les chauffeurs de taxis qui avaient garé pour suivre le match devant les écrans géants placés dans les grands carrefours de la ville, reprenaient leur véhicule, klaxonnant à tout bout de champ. Le public qui quittait les lieux de projection des matchs dansait pour certains à moitié nus, chantant à la gloire des Diables rouges. Les sifflets et autres tapages ont progressivement fondu dans les quartiers populaires où les habitants commençaient à se coucher.

Au Plateau des 15 ans, par exemple, des supporters déchaînés se sont copieusement et gracieusement servis du poulet grillé et des brochettes. A Mikalou dans le 6e arrondissement, des fans de football tapaient sur des voitures et fracassaient les portails et clôtures en tôles des domiciles privés, mais sans causer de graves dégâts. Devant l'Institut français de Brazzaville à l'entrée des quartiers Bacongo et Makélélélé, la police avait installé un dispositif impressionnant pour dissuader d'éventuels casseurs qui suivaient le match non loin de là, sur écran géant au ministère du Plan et à la station de bus CCF.

Plusieurs supporters ont convergé vers les débits de boissons pour savourer la bière en hommage des Diables rouges. La soirée a été longue, témoigne un supporter qui n'est rentré chez lui qu'à 2 h du matin. Dans certaines buvettes, les tenanciers avaient placé des écrans de télévision pour permettre aux clients de suivre le match.

Double victoire

La victoire du 22 janvier n'a pas simplement été celle d'un match. Mais le renversement d'un signe indien qui avait longtemps cloué les Diables rouges à ne plus gagner les matchs de Coupe d'Afrique des Nations depuis 1974. En plus, les Diables rouges, régulièrement disqualifiés à la phase éliminatoire, n'ont plus joué de CAN depuis une quinzaine d'années.

Recruté pour qualifier le Congo à la 30e édition de la CAN, le français Claude Le Roy a gagné, presque de façon inespérée ce pari. Divine surprise, dira-t-on, car le onze national congolais, éliminé, n'a été repêché que grâce à une faute du Rwanda qui avait aligné lors d'un match contre les Diables rouges, un joueur portant une double nationalité (RDC-Rwanda). Remis en lice, le Congo est allé chercher en novembre 2014 sa qualification au Soudan qu'il battait 1-0 grâce à un but de Francis Nganga sur coup-franc.

Les Diables rouges ont repris du poil de la bête depuis leur qualification à la CAN. Un stage de deux semaines au centre Diambar de Dakar au Sénégal a permis aux vingt-trois acteurs de se familiariser et d'appréhender les conseils techniques du sélectionneur Claude Le Roy qui revient là à sa huitième CAN. L'arrivée de nouveaux talents évoluant dans les championnats européens a également rehaussé le niveau du football congolais.

A 26 ans, le capitaine Principe Ongiangue, surnommé « Pasteur », sociétaire du Satde de Reims de France apporte du rythme à cette équipe, à laquelle il impose prières et actions de grâce avant toute rencontre. Thievy Bifouma qui a joué dans la sélection Espoir de France (aujourd'hui avec Almeria d'Espagne) se faisait déjà remarquer au Nigeria lors du derby contre les Super Eagels où il signait un doublet.

Cap

Delvin Ndinga, champion de la CAN junior en 2007, aujourd'hui à Olympiakos de la Grèce, tient les rennes du milieu de terrain du Congo. Mais les joueurs locaux évoluant au sein du mythique club de Dolisie, AC Léopard, comme le milieu offensif Césaire Gandze, le défenseur central Dimitri Bissiki et le deuxième gardien Chancel Massa (qui a fait toutes les éliminatoires) méritent bien leur place dans le onze national.

Désormais premiers du groupe A avec 4 points devant le Gabon (3 points), la Guinée Equatoriale (2 points) et le Burkina Faso (1 point), les Diables rouges n'ont besoin que d'un résultat nul dimanche prochain dans le duel qui va les opposer aux Etalons du Burkina Faso, vice-champions d'Afrique en titre.

Le Congo a tous les moyens de passer ce cap, affirme son sélectionneur qui s'est fixé dans un premier temps les quarts de finale comme objectif de la participation de l'équipe à la compétition. Mais les trois autres équipes gardent intactes leurs chances de se qualifier pour la seconde phase du tournoi. C'est autant dire que les poulains de Claude Le Roy n'ont pas à dormir sur leurs lauriers.