Élimination du Cameroun à la CAN 2015 : entre Fureur et résignation

Le sélectionneur des Lions indomptables, Volker Finke, reste sous les feux de la presse camerounaise et du public qui réclament son départ.

Le réveil est morose dans les rues de Yaoundé. Les fans toujours nombreux se remettent difficilement de l'élimination de leur onze national. Par petits groupes, ils cherchent des explications à ce scénario catastrophe. Tout tourne désormais autour de la responsabilité de l'entraineur, Volker Fink.
 
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La défaite de ce mercredi est la goute d'eau qui fait déborder le vase. « Il doit partir, ça fait des mois que je le dis, ce monsieur n'a pas de place chez nous » targue Roger Milla, footballeur africain du siècle. « Non pas pour remettre du feu au poudre, mais il est en deçà d'une équipe de cette envergure. » lance Eugène Ekéké, ancien lion indomptable.

Et un journaliste de lancer : « Vous savez que le peuple camerounais vous déteste. Pourquoi vous ne démissionnez pas ? Vous attendez qu'on vous chasse ?», « Qu'allez-vous faire maintenant ? Que faut-il faire pour que vous compreniez que vous devez partir ? ». Volker Finke confus élude ces questions. « Je n'ai rien à reprocher à mes joueurs », ce que lui concèdent, les supporters qui reconnaisse leur potentiel. « C'est une équipe jeune et pleine d'avenir, n'oublions pas qu'ils ont renoués avec la CAN après deux éditions manqués... »

Résignation

« ... ils avaient les moyens d'arriver au bout de cette CAN, nous n'avons rien à leur reprocher. Les gars ont du potentiel », a réagit le public sorti nombreux dans les rues de Yaoundé après la défaite des lions indomptables. Un avis que partagent tous les experts et les observateurs du football camerounais. « C'est une équipe en reconstruction, ils ont fait montre de volonté. N'oublions pas qu'ils viennent de passer onze matchs sans défaite et que pour la plupart c'était une première dans une compétition de cette envergure », explique Patrick Mbarga, consultant. « Nous savons qu'ils peuvent faire mieux, il leur a juste manqué le grain de folie qui permet de remettre en question la tactique du coach une fois au stade... mais c'est la loi du football, nous devons nous résigner face à la vérité du terrain même comme nous savons d'où vient le problème », a conclu Roger Milla

Fureur

« Il ne faut pas que ce monsieur revienne sinon nous allons le battre, nous ne voulons plus de lui », a réagit Etienne Mbassi, un barman, supporteur farouche des Lions. Cette réaction impulsive est accompagnée des cris d'approbation de tous ceux qui se sont donné rendez-vous dans ce bar pour regarder les matchs des lions.

Dans les rues de la capitale camerounaise, personne ne consent à la supériorité de l'équipe adverse. Toute la responsabilité est à attribuer au coaching. « Pourquoi il s'est entêté à garder Njie Clinton au banc ? » ; « En plus il a pris la grosse tête, qu'il vienne encore nous dire patata... il n'a aucune morale. Qu'il parte ».

Le verdict est sans appel, seulement la décision ne leur revient pas. Tous les regards restent désormais tournés vers les dirigeants du football camerounais qu'on n'imagine pas pressé de se pencher sur ce dossier. Priorité aux élections de la FECAFOOT qui se préparent pour la fin du mois de février. Surtout qu'ils devront s'atteler à choisir au plus vite un nouveau représentant comme candidat, tant on sait que Thombi à Roko est en ce moment entre les mailles de la justice camerounaise.