CONGO BRAZZAVILLE : BRAS DE FER FÉDÉRATION ET DIRIGEANTS DES CLUBS

Un bras de fer oppose la fédaration congolaise de Football (Fecofoot)
de Brazzaville aux clubs engagés au championnat national d'Elite, Ligue 1.

Annoncé pour le 9 juin dernier, le démarrage de la phase retour du championnat national de football d'élite, ligue 1, n'a plus commencé. Motif, les clubs conditionnent la reprise de la compétition par le versement de la subvention de l'Etat promise aux clubs.
 
Dans une déclaration rendue publique le 3 juin dernier et confirmée hier, 24 juin, à Brazzaville, les dirigeants des clubs engagés au championnat national de football soulignent ce qui suit : « Nous, équipes de football, présentons à la Fédération congolaise de football une pétition relative au paiement de notre dû avant la reprise du championnat national, phase retour. Le non paiement de la subvention évaluée à 30 millions de francs CFA pour l'année 2014 et 50 millions de francs CFA pour l'année 2015 obligera les clubs à ne pas renouer avec le chemin des terrains».
 
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Pour la petite histoire, il est nécessaire de rappeler que le président de la République avait demandé au gouvernement d'inscrire dans le budget de l'Etat un chapitre relatif à la subvention des clubs engagés au championnat national de football d'élite, ligue 1. Une subvention de l'ordre de 100 millions de francs CFA était promise aux clubs. Question de soulager les responsables des clubs, d'accompagner les efforts des athlètes et de rendre ceux-ci compétitifs à l'échelle continentale.

Au cours de la saison sportive 2014 et pendant le déroulement du championnat, l'Etat a versé une partie de la subvention aux clubs, avec la promesse d'en donner le reste jusqu'à concurrence de la somme due. Mais, ayant constaté qu'aucun signal ne venait du côté des pouvoirs publics dans le sens du paiement de la deuxième tranche, les dirigeants des clubs réunis en assemblée générale avaient mis à profit la fin de la phase-aller du championnat pour décider de la non reprise de la phase retour, tant que leur problème n'était pas résolu. Mis devant le fait accompli et face au silence du gouvernement, la FECOFOOT avait officiellement annoncé la fin du championnat et déclaré l'AC Léopards champion national.

En 2015, les mêmes causes ont produit les mêmes effets. Les clubs ont accepté de participer au championnat national, avec la promesse de la FECOFOOT d'accorder aux formations sportives une première partie de la subvention de l'Etat, dès la quatrième journée de la compétition. Malheureusement, le gouvernement n'a pas lié l'acte à la parole. Se sentant floués pour n'avoir rien reçu, les dirigeants des clubs, mettant leur menace à exécution, ont décidé de suspendre leur participation au championnat national de football.

Toutefois, les clubs mettent un bémol à leur revendication : ils acceptent de participer plutôt à la coupe du Congo qui est régie par un décret présidentiel. Et les quarts de finale de cette coupe du Congo commencent samedi prochain, à Brazzaville. Depuis lors, plus rien concernant le championnat national. Entre-temps, les discussions se poursuivent, dans les coulisses, entre les clubs et la FECOFOOT d'une part, la FECOFOOT et le gouvernement d'autre part.

L'objectif poursuivi étant de parvenir à une voie de sortie d'une crise qui ne dit pas son nom et de sauver le football congolais, à l'orée des onzièmes Jeux africains que Brazzaville, la capitale congolaise, abrite à partir du 4 septembre prochain.

L'ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR

Rappelons que la suspension du deuxième vice-président de la formation de l'Etoile du Congo par la FECOFOOT a constitué l'effet déclencheur d'une crise qui couvait déjà. En effet, Christian Longangui, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a récemment organisé une conférence de presse à Brazzaville au cours de laquelle il a demandé aux dirigeants des clubs qualifiés au championnat national d'élite 2015 de reprendre le chemin des négociations avec la FECOFOOT et le ministère des Sports, avant que les fonds promis par le chef de l'Etat ne soient versés aux clubs, avant la reprise du championnat national de football. Suite à cet appel aux allures de révolte, le bureau exécutif de la FECOFOOT s'est réuni à son siège à Brazzaville et a décidé d'interdire Christian Longangui d'exercer toute activité administrative et sportive relative au football. Une sanction illégitime, selon l'Etoile du Congo. Par solidarité à celle-ci, les autres clubs ont engagé un bras de fer avec la FECOFOOT qui ne sait plus à quel saint se vouer. .