Centrafrique: La jurisprudence des pillages

Depuis la chute de l’empereur Bokassa et l’opération barracuda qui porta au pouvoir David Dacko, les actes de pillages rythment les soubresauts de la vie politique en RCA.

Dans les années 90 sous le régime d'André Kolingba, on assiste aux destructions des biens publics et privés, aux casses et incendies des véhicules des ressortissants français lors des manifestations anti-françaises et des luttes pour l'instauration de la démocratie. D'autres pillages suivent de 1996 à 1997 avec trois mutineries sous l'ère Patassé. Quelques années plus tard, le 15 mars 2003 marque la prise du pouvoir par un coup d'Etat de François Bozizé Yangouvounda. Ce jour consacre cette jurisprudence de pillages et de destructions. En peu de temps, les nouveaux maîtres mettent à sac villas, bâtiments administratifs, sociétés, etc. Ils plongent le pays dans une récession économique. Les salaires des fonctionnaires, les bourses des étudiants, et les pensions des retraités ne sont plus régulièrement payés. Le déficit budgétaire, quant à lui, devient chronique.

 

pillage en RCA c7fca                        ©/AFP -  Scène de pillage au Palais présidentiel centrafricain 


Scènes de chaos
L'arrivée de rebelles de la Séléka en mars dernier apporte une fois de plus son lot de saccages. Les groupes armés vont se livrer à un pillage à grande échelle qui appauvrit davantage la population. Ils s'en prennent beaucoup plus aux domiciles des particuliers dans les quartiers populaires.

Aujourd'hui, avec la démission de Djotodia et de son premier ministre Nicolas Tiangaye, les anti-balaka appuyés par des éléments de la garde présidentielle de Bozizé et aussi une partie de la population, se ruent sur les biens et boutiques des musulmans. Au quartier Combattant, les destructions et pillages ont commencé depuis le 6 décembre dernier. Son marché ne possède plus de boutiques de musulmans originaires du Tchad, du Nigéria, du Soudan et d'autres pays islamiques environnant. Même scènes de chaos à Miskine, Pont Jacquesson au Km 5, Béa-Rex, Pétévo...

L'absence de ces commerçants constitue un danger pour l'économie. Ils sont majoritaires dans le secteur. Ils contribuent considérablement dans l'amélioration des recettes de l'Etat avec le payement des impôts, des taxes... Leur départ constituera sans doute un manque à gagner pour l'Etat centrafricain et problème de ravitaillement pour les habitants.

Avec la fin des pillages, le retour et la sécurité des opérateurs économiques devront être au cœur des préoccupations des nouvelles autorités.