Togo - Me Apévon Dodji: "nous sommes intraitables"

4 questions à l'opposant togolais, Me Apévon Dodji, président du Comité d'Action pour le Renouveau (CAR), membre de la Coalition ARC-EN-CIEL

Me Djovi Apelvo 606aeMe Apévon Dodji

Aujourd'hui, la coalition ARC-EN-CIEL et le Collectif Sauvons le Togo sont ensemble. Qu'est ce qui explique ce rapprochement soudain ?

Me Apévon Dodji : Qu'est ce qui explique ce rapprochement ? Vous voulez savoir comme s'il y avait eu un éloignement. Non, surtout sur les questions essentielles, il n'y avait pas d'éloignement. Nous avons les mêmes préoccupations concernant les réformes, les mêmes préoccupations concernant la gouvernance, la mauvaise gouvernance de notre pays. Le CST et ARC-EN-CIEL ont les mêmes positions. Nous avons été à un dialogue et ce dialogue s'est terminé dans le fiasco.

Les positions que nous avons défendues au cours du dialogue, sont des positions communes. Mais, on n'a pas eu gain de cause. Les mêmes choses que nous avons demandées au dialogue, on les a renvoyées à l'Assemblée nationale.

C'est ensemble avec nos amis de ANC-ADDI (Ndlr: groupe parlementaire du parti du chef de file de l'opposition Jean-Pierre Fabre membre du CST) que à l'Assemblée, nous avons défini nos stratégies et c'est ensemble que nous devons rester pour faire en sorte que nos revendications aboutissent. Parce que, sans les réformes dans ce pays, nous ne savons pas où nous allons. Pour nous les réformes sont indispensables. Et, nous devons nous battre pour que, réellement nous puissions les obtenir.

Quel bilan faites-vous des 3 jours de manifestation (26, 27 et 28 juin) organisés par l'opposition ?

C'est un bilan plus que positif. Vous savez, lorsque vous projetez des actions pour trois jours, vous vous demandez, si les gens vont maintenir le cap durant ces jours. Mais, j'ai vu la mobilisation le premier jour. J'ai vu ce qui s'est passé le second jour et j'ai vu celle qui se fait ici à la Plage. Je ne peux qu'être hautement satisfait de la mobilisation des Togolais qui veulent réellement le changement dans ce pays.

S'agissant des réformes, que préconisez-vous ?

Les réformes que nous réclamons, c'est la même chose que le CST revendique aujourd'hui. Nous disons qu'il y a des réformes qui sont indispensables dans ce pays.

1-le problème de la limitation du mandat présidentiel. Celui-ci n'est pas quelque chose

que nous inventons. On ne peut pas permettre à une seule personne de pouvoir gouverner à vie en utilisant les ressources du pays pour pouvoir se pérenniser. Non ! Ceux qui sont au pouvoir, ont toujours l'habitude d'utiliser les fonds publiques pour se maintenir au pouvoir. C'est pour ça que le mandat doit être limité. Sur ce problème, nous sommes intraitables.

2- Nous sommes en pluralisme démocratique. Il faut faire en sorte que, chacun puisse participer aux joutes électorales . C'est pour ça que nous disons que, le mode de scrutin doit être ramené à un scrutin uninominal à deux tours comme ce que nous avions en 1992. Ce sont là, les réformes essentielles. En dehors, nous avons besoin de l'amélioration du cadre électoral pour participer à des élections libres et transparentes.

Qu'en est-il de la question des élections locales ?

Cette question n'est pas un choix. Pendant longtemps, nous avons considéré le pouvoir comme quelque chose qui doit être au sommet, mais en réalité nous avons besoin que les collectivités locales se prennent en charge, que la démocratie commence à la base. Ce n'est que lorsque les collectivités vont se prendre en charge réellement que nous aurons des élus locaux, que la démocratie aura du sens au Togo. C'est pour ça que nous disons que, les élections locales revêtent pour nous d'ailleurs un sens plus important, plus primordial que l'élection présidentielle.