Les feux de Brazza

Du 02 au 08 août, Brazzaville abrite la 5ème édition du festival Feux de Brazza. En marge de l’événement, rencontre avec son promoteur et directeur, Hugues Gervais Ondaye.

feux de brazza 1 ea2acHugues Gervais Ondaye

Le festival les Feux de Brazza, qu'est-ce que c'est ?


Hugues Gervais Ondaye : Feux de Brazza est un festival international des musiques traditionnelles. Une idée qui est née à la suite d'une observation simple : le manque d'espace d'expression des musiques traditionnelles africaines. Nous avons voulu combler ce déficit en créant cet espace pour permettre à ces musiques d'être identifiées parce qu'elles disparaissent ; d'être documentées et ensuite d'être conservées à travers les mémoriums.

On a vu le festival commencer timidement, aujourd'hui il est devenu presqu'un concept, est-ce à dire que le petit oiseau poursuit très bien son petit bonhomme de chemin ?

HGO : On essaie de faire ce qu'on peut. Ce n'est pas toujours facile dans l'environnement qui est le nôtre où il n'y a pas un accompagnement. Mais, est-il que par la bonne volonté, les hommes sont là, debout et essaient de tenir. Jusqu'ici nous tenons et espérons toujours tenir avec, bien évidemment, l'appui des uns et des autres.

Nous sommes quand même partis de la première à la cinquième édition, ce qui n'est pas facile, reconnaissons-le. Voulez-vous dire que vous n'avez jusqu'ici bénéficié d'aucun accompagnement ?


HGO : Non, je peux vous dire que depuis sa création jusqu'aujourd'hui le festival n'a pas bénéficié d'un financement extérieur ou même d'un financement local. Nous l'avons toujours organisé avec la contribution des uns et des autres, mais aussi par l'articulation avec certains partenaires qui viennent pour nous aider dans l'organisation notamment le CERDOTOLA qui est un centre régional de protection des langues africaines, une institution panafricaine qui désormais s'occupe de l'aspect scientifique du festival.

Vous comprenez que c'est même à l'image de la culture elle-même, ce qu'elle représente dans nos pays. La culture reste le parent pauvre, à tord d'ailleurs, parce que la culture est au début et à la fin de tout développement comme le disait Senghor. Il est quand même important que nous puissions mettre en place des moyens d'accompagnement pour que tous les concepts qui se créent ici et là dans l'intérêt de promouvoir la culture africaine, culture riche et diversifiée, soient soutenus. Jusque là nous tenons le coup, mais jusqu'à quand ?

feux de brazza cd1e4Un festival en quête de financements

On vous a vu multiplier des rencontres avec votre ministre de la Culture et quelques dirigeants des organismes internationaux installés à Brazzaville. Que ressort-il de ces différentes rencontres ?

Il en ressort des promesses. Et nous avons espoir que ces promesses seront concrétisées.

Que peut-on donc attendre de cette nouvelle édition ?

C'est une édition lourde de sens et même de charges. Car, il est prévu à Brazzaville une formation des directeurs de festivals d'Afrique sous financement de l'Union Européenne (malheureusement) et les ACP. Il y aura également un atelier d'initiation pour enfants à deux instruments notamment la Sanza et le Balafon. Il y aura un grand colloque qui portera sur le thème de cette année : l'instrument de musique africain et son rang dans la musique mondiale. Et bien d'autres déclinaisons, notamment les spectacles avec une représentation d'au moins une dizaine de pays de tous horizons : d'Europe, d'Amérique, d'Afrique...


Un mot sur le thème de cette année...

« L'instrument de musique africain et son rang dans la musique mondiale. » Nous avons voulu rendre hommage à la création africaine. Vous savez que la musique s'accompagne des instruments. La musique est partie d'Afrique, les instruments aussi sont partis d'Afrique. D'où vient le fait que les instruments qui se sont modernisés soient plus valorisés que les instruments traditionnels africains ?

Non, nous avons dit non. Nous voulons retracer l'histoire, nous voulons identifier l'instrumorium africain afin de lui permettre de jouer le même rôle. Que ceux qui ne sont pas encore en contact avec des nouvelles technologies soient inscrits dans cette dynamique de sorte que les fabricants de ces instruments également aient les moyens nécessaires pour leur survie, mais aussi pour continuer à fabriquer ces instruments qui sont, en fait, le symbole de notre identité.

Le festival Feux de Brazza du 02 au 08 août à Brazzaville, dans le 7e arrondissement Mfilou.